Comment se défendre ?

SAVOIR RÉPONDRE FACE AU DANGER : C’EST CE QUE L’ON APPREND EN PRATIQUANT LA SELF-DÉFENSE AVEC LE CLUB TFK, À PIRAE. MERE FEVRE, L’INSTRUCTRICE ET LA PRÉSIDENTE DU CLUB, ENSEIGNE DES GESTES TECHNIQUES DE DIFFÉRENTS ARTS MARTIAUX, MAIS AUSSI LA GESTION DU STRESS ET LA BONNE ATTITUDE À AVOIR EN CAS D’ATTAQUE.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas toujours la peur d’être agressé qui pousse à s’inscrire aux cours de self-défense ou à participer aux nombreux stages d’initiation organisés par le club TFK tout au long de l’année. Pour Tuirani Kerfelec, jeune adolescente de 15 ans, il s’agit d’anticiper et de se préparer au métier qu’elle espère exercer plus tard : technicienne en identification criminelle. Elle devra d’abord passer le concours de la gendarmerie et notamment l’épreuve physique. C’est aussi le travail qui a poussé Sarah Vanaa à s’initier à la self-défense. Cette quadragénaire est monitrice d’ateliers dans un centre pour personnes handicapées et ressent le besoin de répéter les saisies et les gestes de protection « au cas où ». Christophe Klein vient quant à lui « chercher une réalité » qu’il ne trouve pas dans sa pratique de l’aïkido, un art martial japonais. « Quand on s’affronte avec un couteau en aïkido, il n’y a pas de surprise et on respecte notre partenaire, ce qui n’est pas le cas dans la rue », souligne ce médiateur de 46 ans. À travers des mises en situation, la self-défense permet d’apprendre à contrer des attaques, à mettre à terre un agresseur, sans oublier la leçon numéro 1 : la fuite est la meilleure option.

Des techniques accessibles rapidement

La self-défense s’apparente à un sport de combat, courbatures et bonne fatigue incluses, mais « les techniques s’acquièrent plus rapidement que dans les arts martiaux », explique Carole, qui fait partie de l’équipe TFK depuis deux ans. Ces techniques sont issues de trois disciplines principales : le Penchak Silat, le Kravmaga et le Hapkido.  Pour que l’apprentissage soit complet, Mere Fevre invite régulièrement des spécialistes d’autres disciplines à se joindre à elle. Récemment, elle a ainsi convié Hinanui Salmon, formatrice en médiation, à donner des conseils pour gérer sa peur.
Alain Rimlinger du club Vai Ora Noa est intervenu pour apporter ses techniques de défense face à des attaques au couteau. Les gestes sont répétés à plusieurs reprises, la plupart du temps en duo. Certaines combinaisons seront vite oubliées, mais pas les bons réflexes acquis à force d’entraînement. Tuirani Kerfelec a bien mémorisé « les points précis sur lesquels frapper pour que l’agresseur ait mal ». Elle sait aussi désormais comment se défendre si quelqu’un cherche à l’étrangler.

Avant tout, un gain d’assurance
Plus important encore que la technique, la selfdéfense permet de gagner confiance en soi. Après trois stages, Diane Peterano sent déjà qu’elle a « plus d’assurance », elle sait désormais qu’elle est « capable de réagir ». « Même si, face à un molosse, j’oublierais peut-être les techniques, je ferais tout pour me sortir de là », poursuit cette infirmière. Nathalie Tamaititahio a récemment eu l’occasion de constater les progrès réalisés depuis son premier cours, il y a deux ans : « Je suis sortie en ville et j’ai vu des gens alcoolisés qui cherchaient la bagarre. J’ai bien réagi, parce qu’on nous apprend à analyser les situations, à ne pas chercher à se battre, mais à s’éloigner et aller trouver du soutien auprès de vigiles, par exemple. » « Ne pas paniquer, ne pas se présenter comme une victime face à un agresseur », c’est ce que retient Carole, qui dit avoir plus confiance en elle dans la vie de tous les jours. « On se sent plus forte, on a moins tendance à se laisser faire, on a moins peur d’affronter les choses », rapportet- elle en précisant avec le sourire « sans devenir tyrannique ».

ÉLODIE LARGENTON

Où s’adresser ?
TFK Self-défense
• Tél : 87.29.88.80
Les cours ont lieu le mardi et le jeudi de 17 h à 18 h 30 au dojo de la MJC de Pirae derrière le stade Pater. Des stages sont organisés régulièrement le samedi matin et pendant les vacances scolaires.

Mere Fevre combat pour les femmes

C’est après avoir été victime d’un cambriolage, il y a une quinzaine d’années, que Mere Fevre a décidé de se former aux arts martiaux pour pouvoir se défendre. Gradée Penchak Silat, Kravmaga et Hapkido, elle transmet aujourd’hui ses techniques et ses valeurs au sein du club TFK self-défense, dont elle est la présidente depuis six ans. Elle fait tout pour rendre la discipline accessible au plus grand nombre et veut apporter un plus en s’impliquant dans la lutte contre les violences faites aux femmes. « Il y a tellement de préjugés sur le sujet, c’est difficile de rassembler autour de cette cause », dénonce Mere.

Pour toucher le plus grand nombre, elle travaille avec des associations culturelles. Son message : « Ce n’est pas que tu ne peux pas, c’est que tu ne sais pas te défendre. » Elle regrette que les jeunes préfèrent « apprendre les gestes techniques sur YouTube plutôt que de venir au club ». Ce qui s’apprend dans le dojo de Pirae, c’est avant tout un état d’esprit et des valeurs : le respect, le partage et l’humilité.

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