Devenir gérant d’une pension de famille

Marceline Bellanger gère depuis trois ans sa pension de famille à Arue. La jeune femme ne compte pas ses heures, elle assure tout elle même : réservations, préparation du petit déjeuner, ménage… et elle adore ça !

TEXTE & PHOTO LUCIE RABRÉAUD

La pension Inaiti Lodge est située au fond d’une servitude, dans un quartier calme, entourée de maisons résidentielles. Un grand pamplemoussier donne de l’ombre à une petite terrasse abritant une table et quatre chaises. Ses fruits pèsent sur les branches. Dans l’entrée de la maison : une grande table en bois avec, dans le coin, un évier extérieur tout en transparence. Sur un banc bien droit, des pareu pliés reposent sur le dossier. Deux chambres avec salles de bains privées, portent des noms d’oiseaux polynésiens : Tavake et Kaveka. L’endroit respire la sérénité. Ici, c’est chez Marceline Bellanger. Elle a tout juste 29 ans et est devenue gérante de pension de famille il y a trois ans. Après des études dans le commerce international, elle est partie en Nouvelle-Zélande et en Colombie pour apprendre l’anglais et l’espagnol, a suivi une formation de six mois en tourisme au CFPA et cumulé les petits boulots et les stages dans l’hôtellerie. Elle a toujours voulu travailler dans le tourisme, un secteur qui lui plaît : « J’avais envie de partager notre culture, la chaleur de notre accueil, rencontrer ces personnes qui viennent d’ailleurs… ».

Apprendre et s’ajuster sans cesse

Il y a toujours eu beaucoup de monde à la maison : la famille, les amis de la métropole, les membres de l’Église. Ses parents aiment recevoir. Les chambres de la maison à Arue sont louées de temps en temps et Marceline se prend au jeu : elle commence par proposer la location sur un site Internet et les réservations affluent d’un coup.

Sa mère lui propose alors d’en faire son métier ! Elle a une seule inquiétude : sera-t-elle capable de répondre aux demandes particulières des touristes de différentes nationalités ? « Les Américains veulent absolument la climatisation, alors que les Japonais sont plus détendus avec ça », cite-t-elle en exemple. Gérer une pension de famille, c’est s’adapter à chaque client. Marceline avoue apprendre tous les jours. « Il faut savoir réagir, proposer des activités, trouver rapidement des solutions à un éventuel problème, répondre aux envies, aux besoins et garder le sourire ! » Ce qui n’est pas facile tous les jours mais elle s’en accommode naturellement : « J’aime mon métier alors ce n’est pas compliqué », assure-t-elle avec un grand sourire.

Selon Marceline Bellanger, gérer une pension de famille, c’est s’adapter à chaque client.

Marceline avoue apprendre tous les jours. « Il faut savoir réagir, proposer des activités, trouver rapidement des solutions à un éventuel problème, répondre aux envies, aux besoins et garder le sourire ! » Ce qui n’est pas facile tous les jours mais elle s’en accommode naturellement : « J’aime mon métier alors ce n’est pas compliqué », assure-t-elle avec un grand sourire.

L’humain au cœur du métier
Gérer une pension de famille lui permet de découvrir aussi sur son pays.
Elle connaissait Gauguin mais pas dans les détails. Des clients, passionnés du peintre, ont comblé ses lacunes. Elle-même n’hésite pas à partager ce qu’elle connaît des histoires et légendes du fenua. Au-delà de ces échanges, elle aime la rencontre : « Les touristes viennent de partout, ils me racontent comment ils vivent chez eux, ce qu’ils font. »
Certains reviennent et deviennent des amis. Pour être gérant d’une pension de famille, mieux vaut être sociable, accueillant, savoir s’adapter aux demandes, être débrouillard et garder son sang-froid. « C’est de l’humain, on fait comme on le sent, il n’y a pas vraiment de règles ! » Ceux qui veulent des horaires fixes : passez votre chemin ! Gérer une pension c’est du 24h/24. Il arrive à Marceline d’être appelée dans la nuit de l’étranger pour une réservation. Elle est d’une grande disponibilité. Quand elle a besoin d’une pause, elle s’offre quelques jours loin de sa pension : dans les îles ou à l’étranger. Mais elle ne peut s’empêcher de remarquer la décoration, l’accueil, les activités, des hôtels ou pensions où elle se pose et de noter les bonnes idées dont elle pourra s’inspirer.

Les pensions participent au développement économique des îles

L’association des pensions de famille : le tourisme authentique

L’association des hôtels de famille de Tahiti et des îles est devenue l’Association du tourisme authentique de la Polynésie française (ATAPF).
Elle regroupe 200 membres, propriétaires et gérants d’établissements du secteur de la petite hôtellerie familiale. Les objectifs de l’association sont le développement d’un tourisme durable, équitable et solidaire dans tous les archipels de Polynésie française ; le développement et la valorisation des chambres et maisons d’hôtes dans les îles ; le développement économique des chambres et maisons d’hôtes ; la contribution au respect des lois et réglementations ; le rapprochement entre ses membres et avec l’ensemble des agents économiques du secteur touristique ainsi que la contribution à l’essor des vocations chez les jeunes Polynésiens.
L’association propose des formations à ses membres. Marceline en a suivi trois : gestion d’une entreprise, outils informatiques et vente et une formation en sécurité. « Cela nous aide beaucoup, j’ai beaucoup appris. » Mais surtout, l’association permet à ses membres de se retrouver, de discuter de leur métier et d’échanger. Un lien important pour que le métier évolue et se professionnalise

Formation continue :
• Pour les professionnels : se renseigner auprès de l’Association du tourisme authentique de la Polynésie française (www.ia-ora.com et info@ia-ora.com)

• Accompagnement à la création et à la gestion de pensions de famille dans différents centres de formation professionnelle (se renseigner directement auprès d’eux)

• Titre professionnel d’agent d’hôtellerie et de réceptionniste au CFPA.
Tél. : 40.50.74.50 ou www.cfpa.pf ou sur Facebook : CFPA

• Titre professionnel réceptionniste en hôtellerie et brevet professionnel gouvernante en apprentissage au Sefi. Tél. : 40.46.12.12 ou www.sefi.pf ou Facebook : SEFI

Formation initiale :
• Formation d’agent d’accueil touristique

– RSMA-PF : tél. :40.46.47.24 ou
www.rsma.pf ou Facebook :
RSMA-Pf ARUE

• CAP petite et moyenne hôtellerie
– Dans les centres d’enseignement
aux technologies appropriées aux
développement ou CETAD

• Bac pro accueil, relation clients et usagers
– Lycée professionnel d’Uturoa à
Raiatea. Tél. : 40.60.02.22 ou
www.education.pf/itereva/lputuroa/
– Lycée Samuel-Raapoto.
Tél. : 40.50.21.50
ou www.lyceesamuelraapoto.com
– Section d’enseignement professionnel du lycée Aorai.
Tél. : 40.54.92.29

• BTS hôtellerie-restauration
– Lycée hôtelier de Tahiti.
Tél. : 40.50.45.50
ou www.lh2t.com/fr/accueil

• BTS tourisme
– Lycée hôtelier de Tahiti.
Tél. : 40.50.45.50
ou www.lh2t.com/fr/accueil

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