Ecole-Entreprise : une relation gagnant-gagnant

Il est loin le temps où les filières professionnelles n’étaient considérées que comme une voie de garage. Aujourd’hui, école et entreprises travaillent de concert pour former la future main-d’oeuvre qualifiée. Au lycée de Mahina, l’univers de l’entreprise a trouvé sa place aux côtés des équipes pédagogiques. Ensemble, ils travaillent à dresser de nouvelles passerelles entre les deux mondes pour mener les jeunes sur le chemin de l’insertion dans la vie active.

Le premier défi d’un lycée professionnel comme celui de mahina est d’attirer des élèves motivés qui adhèrent au projet pédagogique de l’établissement. « Pour nous c’est fondamental, c’est le coeur du projet de l’établissement » explique Vincent Baron, proviseur du LeP de atima. Les équipes du lycée ont donc travaillé sur plusieurs axes pour parvenir à cet objectif. outre les journées portes ouvertes ou les forums de formation auxquels participent activement les élèves, l’établissement s’est également intéressé aux professeurs principaux de 4e et de 3e.

Sur place, ils découvrent les différentes filières et sont sensibilisés à la difficulté qu’un élève de 3e peut rencontrer face à un choix d’orientation. Enfin, l’établissement de mahina a accueilli cette année plus d’une centaine de jeune issus de 3e préprofessionnelle sur des cycles de deux heures pendant quatre semaines au cours desquels ils découvrent activement les différentes filières de l’établissement. Les résultats sont probants pour Vincent Baron qui annonce que cette année, plus de 88 % de ses élèves ont volontairement choisi de suivre leur scolarité au sein de l’établissement.

Outre leur formation générale, les élèves scolarisés en CaP ou Bac pro vont avoir à effectuer des « périodes de formation en milieu professionnel » (PfmP). obligatoires, ces stages opérationnels en entreprise représentent environ 25 % de leur temps de formation.

Leur importance est capitale puisqu’ils participent à la certification des compétences. « Si un élève n’est pas impliqué, pas sérieux pendant les périodes de formation professionnelle, il s’expose à ne pas avoir son examen », insiste Vincent Baron en précisant que l’évaluation de l’élève est réalisée par son professeur mais également par son tuteur en entreprise. Ce qui implique une nécessaire relation de confiance entre l’établissement scolaire et les entreprises concernées.

Un partenariat gagnant-gagnant
Une confiance qui se construit par la transparence explique Vincent Baron pour qui il n’est pas question d’enjoliver la réalité auprès de l’entreprise : « On envoie des élèves qui ne sont pas forcément sérieux mais ils ont droit à une formation quand même. » Pour le proviseur il s’agit également de responsabilité sociétale. « Les entreprises ont leurs propres problématiques mais aussi une responsabilité en contribuant à la formation des futurs salariés. Je ne peux pas obliger un patron à prendre qui que ce soit, mais à terme il n’y aurait plus d’employés formés. C’est un échange gagnantgagnant. »

Et cette responsabilité plusieurs entreprises du fenua l’ont bien intégrée en nouant des partenariats forts avec l’établissement scolaire. L’un des plus emblématiques est celui passé avec la société Yune tung. « Leur problème au départ c’était de trouver des installateurs qualifiés pour les nouvelles générations de matériels. On a donc créé une plateforme technologique au sein du lycée où on a regroupé les matériels à la pointe, fournis par l’entreprise, les compétences pédagogiques représentées par les professeurs du lycée, la formation, représentée par les élèves, et la profession représentée par les installateurs venus se former avec nos professeurs. C’est un projet que nous avons construit ensemble » explique Vincent Baron. autre partenariat, celui passé avec la société e-Bike Polynesia. « On a des élèves qui, par exemple, ne comprennent pas à quoi sert d’apprendre l’hydraulique, la mécanique, le pneumatique. Grâce à un ou deux vélos laissés en dépôt, nos professeurs ont illustré leurs enseignements sur la base de ces VTT électriques modernes. » reste que Vincent Baron a bien conscience de la difficulté pour une société d’accueillir des stagiaires dans de bonnes conditions. Il souhaiterait donc améliorer cette prise en charge par une meilleure information des tuteurs en entreprises sur le rôle primordial qu’ils vont jouer.

ZOOM : sur le LP Mahina
Situé sur les hauteur de Atima, le lycée professionnel de Mahina accueille 630 élèves venus de toute la Polynésie. Près du tiers des effectifs est d’ailleurs logé sur place en internat. L’établissement propose 6 CAP (Coiffure, Esthétique, Métiers de la mode vêtement flou, Préparation et réalisation d’ouvrages électriques, Installateur froid et conditionnement d’air, installation sanitaires), 6 Bac Pro (Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés, Technique du froid et du conditionnement d’air, Maintenance des équipements industriels, Systèmes électroniques numériques, Services de proximité et de vie sociale, Accompagnement soins et services à la personne) et un BTS Maintenance des système, option systèmes énergétiques et fluidiques.

Assistant technique au Tahiti Pearl Beach Resort & Spa
« Nous avons une responsabilité envers les élèves »

David Mau connaît bien les PfmP. diplômé en maintenance des équipements industriels, cet ancien élève du lycée professionnel de mahina a intégré le tahiti Pearl Beach resort & Spa où il avait effectué ses stages.
Aujourd’hui, et après avoir gravi les échelons, c’est à son tour d’accueillir les élèves de son ancien établissement avec qui il partage son expérience. « Je leur explique mon parcours auquel ils peuvent s’identifier et ils voient où j’en suis maintenant. Ça peut être motivant » explique le tuteur qui reconnaît que parfois la tâche est difficile. « Notre rô le n ’est pas de les rendre p arfaits mais de leur faire prendre conscience que ce qu’ils vivent ici en stage est bénéfique pour leur avenir. Je les pousse à aller plus loin. Ils découvrent la vie en entreprise et il faut arriver à les faire adhérer à ça, et des fois il faut les bousculer un petit peu. L’école et l’entreprise sont deux mondes différents et certains stagiaires ont du mal avec ça. » Heureusement, la majorité des stagiaires passent ce cap et david mau aime à rappeler que des élève s se révèlent une fois en stage. malgré t ou t l’échec existe aussi. « C’est malheureux mais parfois on n’y arrive pas. Devant un stagiaire qui écho ue, on se demande si on a bien rempli notre mission » avoue-til, bien conscient que son évaluation peut être déterminante pour l’obtention du diplôme.

Stagiaire au Tahiti Pearl Beach Resort & Spa
« Un bon stage, c’est apprendre beaucoup de choses »

Âgé de seize ans, Hirivai est en 1ère maintenance-électricité. Son premier stage chez edt a été une révélation. depuis, il rêve d’intégrer la société où il espère une carrière d’électricien câbleur. reste que les places sont chères et Hirivai regrette de ne pas avoir pu effectuer d’autres périodes de formation au sein de cette société. C’est donc avec réalisme qu’il entame sa quatrième Pfm P au s ervice maintenan ce du tahiti Pearl Beach resort & Spa. et si ce n’est pas ce qu’il espérait, il positive en reconnaissant que chaque expérience est bonne à prendre. « Un bon stage c’est apprendre beaucoup de choses et ce que j’apprendrai me servira toujours. Je n’aime pas to ut ma is je le fais quand même parce qu’il faut apprendre » soutient Hirivai qui réalise, au fil de ses formations, que le travail peut être très différent d’une entreprise à l’autre.

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