L’accompagnement du SEFI vers l’emploi

Le Service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles est le principal opérateur pour l’emploi en Polynésie française. Comme il n’existe aucune indemnité chômage, les demandeurs d’emploi n’ont pas l’obligation de s’inscrire au Sefi mais dans cette situation, il serait dommage de s’en priver !

Le Sefi, c’est « une équipe de 80 personnes au service de l’emploi et une forte volonté de proposer des prestations de qualité tant aux demandeurs d’emploi qu’aux entreprises ». Le service dispose de plusieurs antennes : Mahina, Faa’a, Punaauia, Papara, Mataiea, Taravao, Moorea, Uturoa et le siège, à Papeete. Il bénéficie également d’une représentation dans les circonscriptions des Marquises, des Australes et Tuamotu Gambier. Le Sefi a plusieurs objectifs dont le principal est de faciliter l’accès à l’emploi. Dans sa base de données : 12 000 demandeurs d’emploi actifs sont inscrits. Une moyenne qui varie en fonction des périodes de l’année. La première étape pour un demandeur d’emploi qui souhaite bénéficier de l’accompagnement du Sefi est de s’inscrire comme tel sur le site Internet (www.sefi.pf) ou de se déplacer dans une antenne. Pour la première inscription, il est généralement demandé d’amener sa carte CPS, une pièce d’identité et un CV. Si vous n’avez pas de CV, les conseillers font remplir au demandeur d’emploi une fiche où sont détaillés son expérience et son parcours. Il faut être le plus précis possible car cela permet de vous distinguer dans la base de données. « Plus l’inscription est précise, plus il est facile de trouver le poste adapté au demandeur. Cela nous permet de sécuriser le parcours du demandeur d’emploi et au candidat de se remettre dans une dynamique de recherche : on revoit ensemble son parcours, on évalue sa situation et on fait la liste de ses compétences », explique Amélie Pons-Hirigoyen, chargée de communication et conseillère à l’antenne de Faa’a.

Une fois l’inscription complète, chaque demandeur d’emploi reçoit un identifiant et un mot de passe pour se connecter au site du Sefi, accéder à la base des offres d’emplois et recevoir les alertes du Sefi quand une offre correspond à son profil. Chaque demandeur d’emploi est suivi par un conseiller référent.  « Certaines personnes préfèrent faire leurs recherches seules et d’autres souhaitent être accompagnées. Nous nous adaptons », précise Amélie Pons-Hirigoyen. Pour ceux qui le souhaitent, une aide est proposée pour refaire son CV, rédiger des lettres de motivation, participer à des ateliers de recherche d’emplois…

Il est même possible de passer un bilan d’évaluation des compétences et des connaissances professionnelles. Les candidats peuvent ainsi faire le point sur leurs aptitudes, se réorienter si nécessaire et accéder à un accompagnement plus précis ensuite. « Nous avons toute une gamme d’outils pour aider les demandeurs d’emploi dans leurs recherches de travail. » Pour ceux qui n’ont pas de diplômes et enchaînent les postes précaires, des formations sont proposées. Ce calendrier des formations est toujours planifié selon les besoins du Pays et le marché économique. Si le candidat répond aux conditions et réussit les tests d’entrée, il est indemnisé par le Sefi pour suivre sa formation et accède à une véritable qualification qui le mène vers l’emploi. S’il n’existe aucune obligation pour les demandeurs d’emploi à s’inscrire au Sefi, il serait dommage de s’en priver : tout cet accompagnement est gratuit. Les conseillers sont là pour accompagner vers l’emploi, que ce soit dans la recherche d’un poste, d’une formation, d’une réorientation…
Le Sefi s’adapte à chacun, trouvant les outils qui correspondent le mieux aux besoins des personnes. L’accompagnement est personnalisé pour les demandeurs d’emploi et également pour les entrepreneurs. Pour les dirigeants d’entreprise qui cherchent à embaucher, le Sefi conseille et accompagne. Une cellule entreprise leur est dédiée à l’antenne de Papeete. Comme pour les demandeurs d’emploi, les entrepreneurs peuvent s’inscrire en ligne ou se déplacer dans les antennes et déposer leurs offres en ligne ou dans les antennes.
Un conseiller active les offres, une fois celles-ci relues et validées. Les conseillers peuvent également orienter certains chefs d’entreprise qui ne possèdent pas de service de ressources humaines (RH) sur la rédaction des offres et le choix des profils des candidats. Une fois la personne idéale trouvée, toute une palette d’aides à l’embauche est disponible. Cela peut commencer par les stages, comme les Conventions d’accès à l’emploi (CAE) ou Corps des volontaires au développement de la Polynésie française (CVD). Et se poursuivre sur des contrats de travail comme l’ACT (Aide au contrat de travail), l’ACT Prim, l’ACT Pro, le contrat de soutien à l’emploi ou encore l’incitation fiscale pour l’emploi durable. Le Sefi accompagne également les porteurs de projets avec l’Insertion par la création ou la reprise d’activité (Icra).

Que l’on soit diplômé ou non, le Sefi a des dispositifs permettant à tous d’accéder à l’emploi ou de bénéficier d’une expertise. « Les conseillers s’adaptent à toutes les situations », assure Amélie Pons- Hirigoyen.

Tahiti Pharm est un importateur, grossiste, répartiteur de médicaments, produits parapharmaceutiques, dispositifs médicaux et matériel médical. L’entreprise distribue ses produits dans 44 pharmacies de Tahiti et des îles.

« Pour nous le Sefi fait un peu office d’ANPE locale. J’ai d’abord eu recours au Sefi pour chercher une esthéticienne pour faire de l’animation en pharmacie et ça s’est bien passé. Je travaille avec l’antenne de Faa’a, en bonne intelligence. Elle me conseille des profils et fait le lien entre nous et les demandeurs d’emploi. Les personnes se présentent d’elles-mêmes à l’entreprise mais je les renvoie souvent vers le Sefi pour monter un dossier. Les dispositifs proposés par le Sefi sont intéressants pour les demandeurs d’emploi, cela leur permet d’accéder à une expérience, de se réinsérer et de toucher un salaire ; et pour les entrepreneurs,  cela nous permet de tester les personnes. Les dispositifs sont assez longs pour permettre de se faire une idée juste sur un travailleur et voir s’il est motivé, sérieux et intéressé par ce qu’il fait. Depuis quatre ans, une bonne dizaine de personnes, aujourd’hui embauchées dans l’entreprise, sont passées par le Sefi. Pour chercher du personnel, je passe toujours par le Sefi. »

« Avant d’être chauffeur-livreur chez Tahiti Pharm, je suis restée sans emploi pendant quatre ans. Auparavant, je cumulais les petits boulots, j’ai été femme de chambre dans un hôtel en extra et puis je suis tombée enceinte et j’ai arrêté de travailler.

C’est ma cousine qui m’a parlé du contrat SIE (stage d’insertion en entreprise, ce dispositif n’existe plus aujourd’hui, ndlr) et mon frère de l’entreprise Tahiti Pharm. Je suis allée voir directement l’entreprise qui m’a renvoyée vers le Sefi. La conseillère a pris son temps pour m’aider, m’accompagner et me conseiller et j’ai monté mon dossier pour le SIE. Je pensais que ça n’allait pas marcher mais si ! Le stage durait six mois, il fallait donc travailler dur et montrer que j’étais motivée. Je voulais faire en sorte que ça marche. C’était une chance à saisir pour que ce stage se termine en CDI. Ce qui a marché aussi !
Je suis devenue chauffeur-livreur, embauchée en CDI. Ce poste est mieux que ce que je faisais avant. C’est un soulagement d’avoir ce travail. »

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