L’après-PRISM : concrétiser son projet après l’incubateur

Prism a été lancé en avril 2017. Deux promotions sont déjà passées par l’incubateur pour essayer de monter ou de propulser leur projet. Que sont-ils devenus ? Que se passe-t-il après être passé par un incubateur ? Capucine Moyrand, la responsable et en charge du programme d’accompagnement, répond.

À quoi ont droit les personnes sélectionnées chez Prism ?
Quand elles arrivent, on fait un premier diagnostic de leur activité pour déterminer leurs priorités d’actions et leurs besoins de formation. ensuite, nous faisons un plan d’actions sur trois ou six mois selon la maturité de leur projet et nous nous voyons toutes les deux semaines pour faire le point. Selon leurs besoins, je leur propose des formations et je les mets en relation avec un mentor ou un professionnel de la CCISm.

Que se passe-t-il une fois que les incubés partent de Prism ?
L’accompagnement dure un an. À la fin de cette année, certains n’auront pas encore créé leur structure mais il faut qu’ils volent de leurs propres ailes. L’espace de Prism reste à leur disposition car c’est aussi une communauté. C’est d’ailleurs son point fort : son réseau. Les promos précédentes viennent encore et donnent des conseils aux nouveaux arrivants. Les entrepreneurs qui ont été sélectionnés peuvent revenir quand ils veulent même si l’accompagnement est terminé. C’est aussi un réseau de professionnels qui jouent le rôle de mentors. nous voulons favoriser les échanges, organiser des événements informels. mais un entrepreneur doit surtout être astucieux, débrouillard et autonome.

Est-ce que les objectifs de Prism sont atteints ?
Plus de la moitié des startups accueillies chez Prism sont lancées. Les objectifs sont donc atteints car l’entreprenariat est un monde difficile et le taux d’échec de ce type d’entreprise innovante est important. mais il faut attendre de passer la barre des trois ans pour être sûr de leur réussite. Le principal enjeu de l’incubateur est de susciter l’ambition entrepreneuriale chez les Polynésiens et que cette ambition soit de plus en plus grande.

Nous avons organisé une Startupcup l’année dernière (une compétition qui récompensait la meilleure idée de startup, ndLr) ; nous avons reçu beaucoup de candidatures et des projets de qualité. Il y a de plus en plus d’entrepreneuriat et d’idées, il faut simplement que les Polynésiens osent se lancer. Il faut rêver grand.

De nombreux concours sont organisés pour récompenser les startups, c’est aussi une solution pour se lancer ?
nous poussons nos porteurs de projets à participer mais ce n’est pas non plus leur travail. Il faut qu’ils se concentrent en priorité sur leur entreprise. Les concours sont intéressants quand on démarre son projet mais ils sont aussi très chronophages, cela prend beaucoup d’énergie pour monter les dossiers. mais, financièrement c’est intéressant. 

Si les gagnants ne concrétisent pas leur projet, doivent-ils rendre l’argent gagné dans ces concours ?
Cela dépend, pour certains concours, il faut rendre des comptes mais pour d’autres, non. Ce type de compétitions récompense généralement des entrepreneurs sérieux qui ont l’intention de réellement monter leur structure mais cela reste un pari pour les organisateurs des concours.

Manque-t-il encore quelque chose pour les startupers polynésiens ?
Il faudrait encore d’autres espaces de rencontres pour ces entrepreneurs, des événements où ils peuvent être mis en relation. Le réseau est vraiment une clef. Le programme d’accompagnement que l’on propose est un programme de lancement : les porteurs de projet arrivent chez Prism avec un concept et ressortent avec une version commercialisable de leur projet. Il reste à mettre en place un programme d’accélération : les accompagner pour générer de la croissance, aller à la conquête des marchés, vendre… Ce sont d’autres problématiques et d’autres méthodes de travail.

Les startups : n’est-ce pas simplement une mode ?
Seul l’avenir nous le dira mais j’ai plutôt l’impression que, au-delà de l’effet startup, le salariat classique que l’on a connu est dépassé. nos générations aspirent à plus de liberté et de sens dans leur travail. Les gens se tournent vers le free-lance. Il y a un vrai effet de mode avec la startup mais l’entrepreneuriat, lancer des projets qui font sens, trouver des solutions aux problématiques auxquelles on est confronté, ça, ce n’est pas un effet de mode.

Infos pratiques :
Prism
• tél. : 40.47.27.16
Facebook : PRISM Tahiti
www.prism.pf

La première promotion Prism

Première promotion :
• Leadbees de Kevin Besson : Solution de gestion de ruches dans le Cloud. La structure est montée.
• FoodLaB & Cook de Audrey Lachaud : Plateforme numérique de tourisme culinaire. Le laboratoire de transformation culinaire est en train d’être installé.
• Va’a spirit de Matairii Maire : Plateforme numérique pour initier tout public à la pratique du va’a. rien de concret n’est encore sorti.
• Familipsy de Nathalie Colin-Fagotin : Plateforme e-learning pour les problèmes familiaux. déjà mise en place avant d’être sélectionnée chez Prism, elle développe la deuxième version de sa plateforme e-learning.
• The ‘Arioi experience de Hinatea Colombani : Plateforme e-learning pour la culture polynésienne. La structure fonctionne très bien, le e-learning va se développer cette année.
• Terenia/Ainoa de Rehiti Teuhi : Plateforme pour coordonner le covoiturage et l’autostop. L’application mobile a été lancée fin janvier 2019.

Deuxième promotion :

• DailyPlate de Karl Teai : Coach virtuel individuel pour aider les personnes en surpoids et en situation d’obésité. La structure est montée juridiquement.
• Destination Marquises de Kohu Barsinas : Promouvoir la culture et l’art marquisien via une plateforme d’organisation d’expériences. Il vient de remporter le troisième prix du « challenge startupper Total ».
• Épicerie Éco Vrac de Noelyn Faussane : Commerce de détail où les produits sont vendus sans emballage pour réduire les déchets au quotidien. Le commerce a ouvert en mai 2018.
• La P’tite Cabine de Taharaura Buttard : Location de vêtements quotidiennement ou ponctuellement entre particuliers. après avoir longtemps travaillé de chez elle, la créatrice s’installe dans un bureau.
• Mahana Bora Bora de Claire Suarez : truckStore qui déniche et met à l’honneur les créateurs de mode du moment. La structure fonctionne.
• Matasphères de Raitini Rey : réseau de sphères aériennes 360° connectées entre elles pour visualiser la Polynésie vue du ciel. Le créateur est à la recherche de financements mais déjà plusieurs images ont été publiées sur facebook.
• Tahiti Art Craft de Manuia Maiti : Marketplace d’artisanat local pour promouvoir la Polynésie à l’international en commerce équitable. rien de concret n’est encore sorti.

Premier jour de BOOTCAMP pour les présélectionnés de la PROMO#3 ! Bravo à tous ces porteurs de projets pour cette nouvelle étape.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *