Le BTS

Le brevet de technicien supérieur nécessite constance, rigueur et organisation. Ce cursus de niveau bac +2 ouvre des perspectives professionnelles supplémentaires, notamment aux bacheliers de la filière professionnelle.

Les brevets de technicien supérieur (BtS) se préparent en deux ans dans les sections de technicien supérieur (StS). Sur les 138 spécialités existantes, 23 peuvent être suivies en Polynésie française, dont 13 dans le secteur des services, 6 dans le domaine de la production, 3 en hôtellerie tourisme et 1 dans l’agriculture. Le recrutement est sélectif et se fait sur dossier (comprenant notamment les résultats scolaires de la classe de 1ère et du premier semestre de terminale).

Le BtS est un diplôme menant à une qualification de niveau 3 et permet de prétendre à un emploi de cadre moyen au sein des entreprises. Il faut compter une trentaine d’heures par semaine, réparties entre les cours magistraux (cm), les travaux dirigés (td) et les travaux pratiques (tP). et un certain travail personnel autour des devoirs et projets à rendre. cette filière impose un rythme assez soutenu, qui exige constance, rigueur et organisation.
La formation comporte 8 à 16 semaines de stage en entreprise selon la filière choisie. au programme également l’intervention en cours de professionnels du secteur d’activité considéré. en deuxième année, les deux tiers des enseignements sont destinés à acquérir un savoir-faire professionnel.

Le BTS : un levier pour le niveau de formation des jeunes Polynésiens
Les BTS en Polynésie connaissent une attractivité importante auprès des bacheliers technologiques mais aussi professionnels. Le taux de pression, c’est-à-dire le nombre de candidats rapporté au nombre de places offertes, varie entre 1,5 et 4,4 en fonction des spécialités de BTS ; ce qui signifie qu’il y a plus d’un dossier de candidature pour une place !

La politique éducative du Pays a pour objectif d’offrir un niveau de qualification minimum aux jeunes Polynésiens mais aussi de donner aux élèves issus de la voie professionnelle un choix de cursus de niveau bac +2 qui ouvre des perspectives professionnelles supplémentaires.
Cela est apparu d’autant plus nécessaire au vu d’une demande d’orientation post bac sans cesse croissante. Elle résulte de plusieurs phénomènes : le nombre croissant de titulaires d’un baccalauréat professionnel, notamment après la réforme de la préparation de ce diplôme en 2009 qui l’a ramené à 3 ans au lieu de 4 auparavant, mais aussi l’érosion de leur insertion professionnelle dans un marché du travail polynésien gravement touché par la crise économique de 2008.Cette demande d’orientation s’est bien souvent tournée, par défaut, vers la licence où leurs chances de réussite sont quasi nulles. Il s’avérait donc nécessaire de proposer à ces élèves une poursuite d’études en cohérence avec leur formation initiale.

Un accompagnement pour optimiser les chances de réussite
Quel que soit le secteur choisi, l’attrait des BTS auprès des bacheliers professionnels polynésiens ne se dément pas. Depuis 2014, le nombre de vœux de BTS saisis sur la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur ne cesse d’augmenter. Cet engouement démontre une réelle envie de poursuivre des études de la part de ces élèves. En juin 2017, et parmi les jeunes scolarisés en terminale professionnelle qui ont souhaité poursuivre leurs études après le bac, on observe que près de 8 élèves sur 10 cherchent à intégrer un BTS en Polynésie.

Afin de répondre à cette demande crois- sante, une politique volontariste en matière de recrutement des bacheliers professionnels dans ces sections a été mise en œuvre. En effet, à la rentrée 2017, les BTS de Polynésie française accueillent en moyenne 30 % de bacheliers issus de la voie professionnelle. Et ce pourcentage est appelé à évoluer dans les toutes prochaines années.
Pour optimiser la réussite de ces jeunes dans la filière BTS, leur accueil nécessite un accompagnement pédagogique tant en amont de l’admission en BTS que durant les deux années de
formation. Les établissements scolaires proposant des BTS, épaulés par les inspecteurs pédagogiques, mettent ainsi en place des liaisons pédagogiques avec les lycées professionnels afin de susciter chez ces élèves de la curiosité et de l’ambition vers ces formations dès la classe de 1ère. Il existe également une démarche d’accompagnement dès la première année de BTS et durant les deux années de cours pour leur donner toutes les chances de réussite.

Interview

PÉPIN MOU KAM TSE
PROVISEUR À PAPARA DU LYCÉE TUIANU LE GAYIC

Quels BTS proposez-vous dans votre établissement ?
Le lycée Tuianu Le Gayic propose deux BTS, dans les domaines industriel (le BTS électrotechnique) et des services (le BTS transport et prestations logistiques).

Comment se déroule l’accueil des élèves issus de bac professionnel dans les BTS de votre établissement ?
Différents dispositifs sont mis en place depuis deux ans : un travail de liaison a été mis en place entre les enseignants de bac pro et ceux de BTS concernant les prérequis.

Une aide personnalisée d’approfondissement en 1ère et terminale cible les élèves de bac pro volontaires et motivés par une poursuite d’étude post bac en BTS ELEEC, transport et tertiaire. Les séances d’accompagnement personnalisé de terminale sont assurées par les enseignants des spécialités de BTS ELEEC ou BTS transport, une originalité qui mérite d’être soulignée.

Des mini stages d’immersion de un à trois jours dans une section de technicien supérieur sont proposés aux élèves de bac pro du lycée mais également de l’extérieur pour confirmer leur projet d’orientation. Dans le cadre de l’autonomie de l’établissement, les étudiants issus de bac pro en 1ère et 2 e année de BTS peuvent bénéficier de quelques heures de tutorat ou de soutien, par des enseignants de bac pro, une autre originalité. Certains cours de spécialité sont co-animés par un enseignant de BTS et un enseignant de bac pro. Des étudiants issus de la voie professionnelle offrent leur témoignage pour motiver et rassurer les élèves de terminale bac pro.

Quels sont les résultats au BTS pour ces élèves ?
Les élèves de bac pro assidus et motivés réussissent aussi bien que les élèves de bac techno ou général. Ils ont une meilleure connaissance du domaine professionnel par rapport aux autres bacheliers, ce qui est un atout non négligeable pour la réussite de ce diplôme.

Un conseil pour les futurs candidats ?
Aie confiance en toi ! Sois assidu ! Travaille régulièrement ! Nous sommes là pour t’aider !

RITA, est en 1ère année de BTS hôtellerie-restauration.
Elle est issue d’un baccalauréat professionnel.

« Avant d’entrer en classe de bac professionnel, j’étais en 3e au collège Sainte-Anne d’Atuona aux Marquises. Je voulais absolument faire de l’hôtellerie car c’est un secteur professionnel qui me passionnait déjà beaucoup. Je n’ai pas eu trop de difficultés pour entrer au lycée hôtelier, j’étais une assez bonne élève. J’ai donc choisi de faire un bac professionnel commercialisation et service en restauration que j’ai obtenu.
J’ai souhaité poursuivre mes études et particulièrement viser un BTS hôtellerie-restauration. J’ai donc postulé à la “mise à niveau hôtellerie” du lycée pour pallier mes lacunes en cuisine, car dans ma formation initiale j’étais spécialisée en service.

Aujourd’hui, je suis en 1ère année de BTS hôtellerierestauration et tout se passe bien. J’ai effectué un stage en Nouvelle-Calédonie durant quatre mois. Cela m’a beaucoup apporté ! Les stages de BTS sont différents des stages de bac pro. J’ai fait de la cuisine, du housekeeping et de la réception. C’était très enrichissant pour moi. Malgré quelques difficultés dans les matières générales, je m’accroche et je suis soutenue par mes professeurs. Ce que je peux conseiller aux futurs étudiants de BTS ? De travailler régulièrement pour ne pas se retrouver en difficulté par la suite !
Mes projets ? Ouvrir un restaurant gastronomique en Polynésie ou bien à l’étranger. Cuisinier est, pour moi, le plus beau métier du monde… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *