Les 10 métiers qui recrutent

Vous cherchez un emploi ? Vous réfléchissez à votre avenir professionnel ? Le Sefi et l’ISPF ont rendu public le top 10 des métiers qui recrutent dans leur tableau de bord de l’emploi sur le quatrième trimestre 2017. Hôtellerie, restauration, tourisme, loisirs et animation ont besoin de vous !

TEXTE LUCIE RABRÉAUD & PHOTOS GREGORY BOISSY

Chaque trimestre, le Sefi et l’ISPF sortent un tableau de bord de l’emploi qui figurent les grandes orientations en matière de recrutement. Au quatrième trimestre 2017, les métiers les plus représentés se trouvent dans l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, les loisirs et l’animation. Serveur est le métier le plus recherché par les employeurs. Vingt-trois offres ont été déposées au Sefi et 30 % d’entre elles étaient des CDI. Viennent ensuite l’ouvrier aquacole et l’équipier polyvalent de restauration rapide. Trois métiers nécessitant un niveau de formation relativement faible : du CAP/BEP à sans diplôme, même si les entreprises et les employeurs peuvent demander, à défaut d’un diplôme, de l’expérience.

Les sept autres métiers de ce top 10 relèvent des domaines de l’hôtellerie, du tourisme, de la restauration mais aussi du commerce. Onze postes ont été proposés pour les commis de cuisine, 10 pour les chefs de partie, 9 en animation commerciale et en réception d’établissements hôteliers, et 7 pour les caissiers, les comptables et les cuisiniers. Pour les chefs de partie, la moitié des postes à pourvoir étaient des CDI.
Chez les comptables et les cuisiniers, 43 % des contrats proposés étaient également des CDI. La plupart de ces offres sont à pourvoir sur Tahiti : 68 % dans la zone urbaine et 43 % sur Papeete. Le Sefi et l’ISPF préviennent que ce document « ne reflète pas la réalité du marché du travail sur l’ensemble de la Polynésie française, mais donne une image de l’activité du Service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles ». Les chiffres proviennent en effet de l’enregistrement des offres et des demandes d’emploi au Sefi et « malgré l’obligation légale d’adresser les offres d’emploi au Sefi, des employeurs utilisent encore d’autres voies pour leurs recrutements (petites annonces, candidatures spontanées, connaissances). Parallèlement, tous les demandeurs d’emploi ne s’inscrivent pas systématiquement au Sefi lors de la recherche d’un travail ».
Les données Sefi sont traitées quatre fois par an par l’ISPF, à partir d’une copie de la base de données du Sefi. Le tableau de bord de besoins en main-d’œuvre (BMO) rend compte de l’état des offres à un moment donné. Cet état peut rapidement évoluer : si ces offres ne sont pas pourvues au moment de l’extraction de la base, elles peuvent très bien l’être dès le lendemain.

Top 1 : Serveur

Leilani O’Connor est en deuxième année de BTS management en hôtellerie restauration au lycée hôtelier de Punaauia. C’est après ses premiers stages qu’elle se passionne pour le service.
” Servir est un art ! “

« J’ai commencé par suivre l’année de mise à niveau qui prépare au BTS. Puis je suis entrée en BTS hôtellerierestauration et je fais des extras dans un hôtel pour acquérir de l’expérience. Quand j’ai commencé mes études, je voulais ouvrir mon restaurant et être chef cuisinier mais finalement, après mes stages, je suis plus intéressée par le service. J’aime le contact avec les clients, discuter, servir et voir qu’ils sont satisfaits.
Pour être une bonne serveuse, il faut être souriante, aimable, accueillante. C’est un métier difficile car il faut rester debout, certains clients sont très exigeants et parfois durs à contenter… Malgré les difficultés, j’aime quand même toujours autant ce travail ! Il faut aller vite, ne pas faire d’erreurs. Il y a de l’adrénaline et c’est ce qui me plaît. J’aime aussi expliquer le menu, détailler les plats, leurs ingrédients, savoir s’il y a des ruptures en cuisine et conseiller parfois. Je me vois bien faire ce métier toute ma vie en progressant, jusqu’à devenir responsable food and beverage (restaurant et bar). Certains croient que c’est un métier dégradant alors que servir est un véritable art ! Il faut dresser la table, faire la mise en place, décorer… Pour moi c’est un art. J’ai déjà travaillé dans des établissements étoilés et c’est très précis et rigoureux. Être serveuse est un beau métier ! »

• Niveau de formation demandé :
CAP/BEP

• Formations sur Tahiti :

– CAP agent polyvalent de restauration (lycée professionnel Saint-Joseph Punaauia, section d’enseignement professionnel de Papara)

– Au lycée hôtelier de Tahiti

CAP restaurant
Bac pro commercialisation et services en restauration
Bac technologique sciences et technologies de l’hôtellerie restauration, mention employé barman
BTS management en hôtellerie restauration, art culinaire, art de la table et du service

– Titres professionnels :

serveur en restauration au CFPA

Top 2 : Ouvrier aquacole

Patrick Ngpao est aquaculteur chez Aquapac à Teahupoo. Arrivé sur la ferme il y a trentesept ans, il ne changerait de métier pour rien au monde !
” Ce métier est devenu une passion ! “

« Je suis arrivé sur la ferme de Teahupoo par hasard. J’habite à côté et ils avaient besoin de manœuvres, j’y suis donc allé et j’ai été embauché. Au fil du temps, je suis devenu aquaculteur. Aujourd’hui, je suis responsable de la production et je gère une équipe de dix personnes environ. Ce métier est devenu une passion !
Ce que j’aime c’est voir le résultat du travail. C’est comme dans le fa’a’apu : tu plantes ton taro et, à la fin, tu le cueilles. Il faut beaucoup de patience avec les crevettes car l’élevage dure six mois. Les post-larves arrivent de l’écloserie par millions. Nous les mettons en bassin pour qu’elles commencent à grandir. C’est très stressant car il faut que ce soit parfait et que le bassin soit bien préparé, il ne faut pas qu’il pleuve, il ne faut pas trop de soleil… C’est ce cheptel que nous allons récolter six mois après, il faut donc essayer d’en perdre le minimum. Dans l’aquaculture, le suivi des bassins est compliqué. Il faut être tout le temps là, tous les jours, du matin au soir. Je suis au travail dès 5 heures. Je finis à 11 heures puis je reprends l’après-midi. La plus grosse charge de travail, c’est le matin. C’est à ce moment-là que nous pêchons les crevettes et les conditionnons pour répondre aux commandes. C’est ce que je préfère : on récolte la production et donc tout le fruit de notre travail. Quand on voit de belles crevettes bien grosses, on est content. C’est un beau métier, très intéressant. C’est en faisant que tu apprends. Il y a beaucoup d’échecs ! Tout le temps ! Mais ça ne m’a jamais découragé car je savais qu’on allait y arriver. C’est comme ça qu’on s’est amélioré. »

• Niveau de formation demandé :
sans diplôme

• Formations sur Tahiti :

– Certificat polynésien d’aptitude professionnelle (CPAP) Gestion et exploitation en milieu marin (GEMM) (dans les CETAD)
– Certificat d’aptitude professionnelle agricole (CAPA) Agriculture des régions chaudes (Maisons familiales rurales et au Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles de Moorea)
– Licence Sciences de la vie et de la terre (UPF)
– Master Sciences de l’univers, environnement, écologie, spécialité environnement insulaire océanien (UPF)

Top 3 : Équipier polyvalent en restauration rapide

Angelica Maihota a 28 ans et travaille comme équipière polyvalente sur deux roulottes. Parfois elle est au service et d’autres fois, en cuisine. Ce qu’elle préfère : le coup de feu !
” Il faut savoir tout faire ! “

« Je travaille comme employée polyvalente sur deux roulottes : pour La Roulotte et Tuk Tuk. Certains jours, je suis serveuse et d’autres, commis de cuisine. Cela fait longtemps que je travaille comme serveuse polyvalente mais je viens de commencer comme commis de cuisine. C’est une première ! J’ai mis du temps à apprendre. Il faut être à l’écoute de son formateur. J’avais de l’appréhension quand je servais mes premiers plats mais aujourd’hui, ça va. Certains clients disent qu’ils ont apprécié les plats quand ils viennent payer, c’est toujours satisfaisant d’entendre des compliments. Pour être équipier polyvalent, il faut savoir tout faire !
Le plus difficile c’est d’assurer au moment du coup de feu. Mais ce sont ces moments-là que je préfère : quand ça bouge ! J’ai toujours travaillé en roulotte. Mes anciens patrons m’ont appris à servir, à prendre les commandes, à être rapide ; pour la cuisine, c’est ma patronne d’aujourd’hui qui m’a formée. C’est moi qui ai demandé à essayer ce nouveau poste. Cela m’intéressait car nous faisons des plats thaïlandais et c’est une cuisine que je ne connaissais pas. J’aime apprendre à faire de nouvelles choses et ce métier me permet de découvrir plein d’aspects différents de la restauration. Je ne m’ennuie jamais ! Pour faire ce métier, il faut être courageux. Tu travailles le soir, le weekend. J’essaye de bien profiter de ma famille durant la journée et mes jours de repos. Parfois, je suis un peu fatiguée avant d’aller travailler mais une fois que j’y suis, je ne pense plus à rien et ma fatigue part ! Je suis prise par le rythme. J’aime vraiment travailler ici et j’espère continuer encore longtemps. Je n’ai pas du tout envie de changer de métier.»

Niveau de formation demandé :
sans diplôme
• Formations sur Tahiti :
(voir Formations de serveur en page 30)
– Agent polyvalent de restauration (Centre de formation professionnel du RSMA à Hiva Oa et à Tubuai)

Comptable

Le métier de comptable est aussi dans le top 10 : sept postes ont été offerts au quatrième trimestre 2017 dont trois étaient des CDI. Une loi du Pays a été adoptée le 26 avril qui réglemente désormais la profession.
Modification de la réglementation

Avant le 26 avril 2018, n’importe qui pouvait se proclamer comptable. C’est désormais impossible depuis l’adoption d’une loi du Pays réglementant la profession. Les comptables devront justifier de trois ans d’expérience professionnelle et être assurés en responsabilité civile professionnelle avant de soumettre leur dossier à l’Ordre des expertscomptables (aujourd’hui Organisation des experts comptables de Polynésie française qui va se transformer en Ordre) et d’être agréés par le gouvernement.
Cette réglementation protège la profession de comptable et d’expert-comptable, appellations que certains, peu scrupuleux, s’attribuaient faisant prendre des risques financiers importants à des sociétés. Les experts-comptables, qui sont 33 sur le territoire, obtiennent leur diplôme (DEC : diplôme d’expert-comptable) après huit années minimum d’études et de stages finalisées par un mémoire présenté devant l’Ordre des experts comptables à Paris.

• Niveau de formation demandé : Bac +2
• Formations sur Tahiti :
– Bac économique et social (dans tous les lycées)
– Bac pro Gestion administration (lycées professionnels d’Atuona, de Faa’a, d’Uturoa, de Saint-Joseph à Pirae, lycée Samuel Raapoto, section d’enseignement professionnel de Papara, de Taravao et du lycée Aorai, le Grepfoc)
– Bac technologique STMG option gestion et finance (lycées Aorai, Gauguin, Tuianu Le Gayic de Papara, Taiarapu Nui, La Mennais, Raapoto, Uturoa, et le Grepfoc)
– Diplôme de comptabilité et de gestion (lycée Aorai)
– Diplôme supérieur de comptabilité et de gestion (Cnam)
– BTS Comptabilité et gestion (Cours Bufflier, lycées Aorai, La Mennais, d’Uturoa)
– BTS Assistant de gestion PME/PMI (le Grepfoc, lycée Aorai, Taiarapu Nui, Samuel Raapoto, d’Uturoa et le lycée professionnel Saint-Joseph de Faa’a)
– Classe préparatoire aux grandes écoles, filière économique et commerciale, option économie (lycée Gauguin)
– Formation Bachelor à l’école de commerce de Tahiti (CCISM)
– DEES Gestion et management des PME (Cours Bufflier)
– À l’Université de la Polynésie française :
– DUT Gestion administrative et commerciale des organisations
– Licence économie et gestion
– CU Comptabilité et fiscalité des entreprises privées
– Master management et commerce international parcours finance
– Master comptabilité, contrôle, audit

Hôtellerie / Tourisme / Restauration

Les secteurs de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration sont en tête des métiers qui recrutent. Commis de cuisine, chef de partie, réceptionniste hôtel et cuisinier font actuellement partie des professions où les offres sont nombreuses.
Des secteurs porteurs

Sur l’année, entre 2016 et 2017, les offres en hébergement et restauration sont passées de 117 à 165, soit une augmentation de 41 %. Le tourisme est un pilier économique pour le Pays : c’est la première source d’exportations de biens et de services du territoire. L’industrie touristique polynésienne rassemble plus de 3 000 entreprises (chiffres ISPF). En 2016, ce secteur employait 10 500 personnes (soit 17 % des effectifs salariés) et générait 17 % du chiffre d’affaires de la Polynésie française (chiffres IEOM). Et le secteur se porte très bien : de nouvelles compagnies font baisser les tarifs aériens, le nombre de touristes augmente, des projets de nouveaux établissements hôteliers sont en cours. Les métiers de commis de cuisine, chef de partie, réceptionniste dans les hôtels ou de cuisinier ont donc de l’avenir.

Pour travailler dans la restauration, mieux vaut être passionné. Les horaires sont difficiles et le métier est physiquement éprouvant : dans ce secteur, les travailleurs restent debout une bonne partie de la journée. Il faut aussi savoir gérer son stress et garder son calme face au traditionnel « coup de feu ».

Placé sous les ordres du chef cuisinier, du second, du chef de partie ou du cuisinier, le commis de cuisine doit savoir tout faire ou presque : mise en place, rangement des provisions, préparation des produits (lavage, épluchage), nettoyage du matériel… C’est la première étape dans la hiérarchie des métiers de la restauration.

Le chef de partie a, lui, une tâche précise dans l’organisation de la cuisine : sauce, rôtis, poissons, entremets, boulangerie… Des spécialistes qui deviennent au fil du temps des experts indispensables dans une cuisine.

Le cuisinier prépare les plats et gère la cuisine. Il peut être assisté des postes précédemment cités ou d’un second voire même de toute une brigade, tout dépend de l’établissement où il officie. Il doit être méthodique et organisé et d’une bonne condition physique.

Ces trois métiers de la restauration sont d’une grande variété et d’une grande richesse. La restauration, c’est une multitude de styles de cuisine et de niveaux d’exigence. L’évolution est donc sans limite. Des formations auprès de grands chefs reconnus permettent également d’enrichir ses connaissances et son savoir-faire tout au long de sa carrière. Le réceptionniste dans les hôtels accueille les clients, gère le planning de réservations, répond aux demandes des clients aussi bien sur des questions pratiques que sur les activités touristiques… Il doit faciliter le séjour des touristes. Dans les établissements de petite taille, il peut être amené à gérer d’autres tâches. La connaissance de plusieurs langues étrangères est nécessaire.

 Niveau de formation demandé : sans diplôme au Bac +2
• Formations sur Tahiti :
– Au lycée hôtelier de Tahiti :
• CAP restaurant et CAP cuisine
• Mention complémentaire niveau IV :
Accueil réception
• Bac pro cuisine
• Bac technologique sciences et technologies de l’hôtellerie restauration
• BTS Hôtellerie-restauration, option mercatique et gestion hôtellerie ou option Art culinaire, art de la table et du service
– CAP boulangerie, CAP Pâtisserie, CAP Cuisine au Grepfoc (possible en apprentissage)
– Bac pro boucher, charcutier, traiteur (lycée Saint-Joseph de Punaauia)
– Formation réceptionniste en hôtellerie (CFPA)
– Formation d’agent d’accueil touristique (Centre de formation professionnel du RSMA d’Arue

Commerce

La grande distribution offre un panel de métiers différents. Des évolutions de carrière sont possibles, des opportunités sont à saisir. Avec de la motivation, commencer petit et terminer haut !
Recherche d’animateurs et de caissiers

Dans le top 10 des métiers qui recrutent, deux emplois ont la côte : caissier et animateur commercial. Le poste d’hôte ou hôtesse de caisse (ce n’est pas réservé qu’aux femmes) a énormément évolué : « C’est devenu un poste informatique ergonomique où l’hôtesse ou l’hôte de caisse passe du temps à la réception et à l’accueil du client. Il n’y a pas que l’encaissement », explique Éric Corlier, directeur de Carrefour Punaauia. Dans ce grand magasin, une partie des caissières et caissiers est présente depuis trente-deux ans, soit l’âge du magasin, et une autre partie tourne selon les profils. Ce métier peut aussi être un complément pendant des études ou des vacances. La grande distribution a des besoins. « En métropole, c’est la mode du ‘self-encaissement’ : les clients encaissent eux-mêmes leurs articles sous la surveillance d’une personne. Des concepts de magasin tout automatique voient même le jour aux États-Unis. Je ne peux pas dire ce que sera la distribution dans vingt ans mais pour les cinq années qui viennent, ce ne sont pas des évolutions prévues en Polynésie française », assure Éric Corlier.
Concernant le métier d’animateur commercial, lui aussi dans le top 10, il s’agit d’assurer la promotion d’une marque ou d’un produit. Carrefour Punaauia compte, à lui seul, une dizaine d’animations de ce genre en fin de semaine. Ce sont les marques qui recrutent du personnel pour assurer ces promotions. Mieux vaut être quelqu’un de positif, de sociable et d’enthousiaste pour se lancer. De manière générale, les métiers du commerce offrent des opportunités.
Il est possible de commencer en bas de l’échelle et grimper petit à petit les échelons. « Nous sommes à la recherche de jeunes dynamiques et motivés par la grande distribution. Vous ne vous ennuierez pas et si vous voulez réussir, vous réussirez ! », promet Éric Corlier.

• Niveau de formation demandé : sans diplôme ou CAP/BEP
• Formations sur Tahiti :
– CAP Employé de commerce multi-spécialités (lycée Aorai et Samuel Raapoto)
– BTS Management des unités commerciales (lycée Aorai, Samuel Raapoto et lycée professionnel de Faa’a)
– Licence droit-éco-gestion, mention parcours marketing, spécialisation grande distribution (Cnam)

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