Les métiers de la mer : un océan d’opportunités

Dans ce premier dossier consacré aux métiers de la mer, nous nous intéressons principalement au tourisme, à l’aquaculture, à la pêche.
Dans ces secteurs, les possibilités de travail en lien avec l’océan sont nombreuses, à condition de respecter l’environnement et de protéger les écosystèmes.

La mer… océan d’opportunités et d’enjeux. terrain de recherche et de loisirs. mais aussi espace d’histoires et d’avenir. « La mer, c’est l’origine du peuplement », explique gérard Siu, président du Cluster maritime. « Les Polynésiens étaient des navigateurs qui maîtrisaient parfaitement le milieu marin avec la connaissance des étoiles, des courants et ils savaient observer les signes. Les langues polynésiennes sont une des plus riches concernant la dénomination des poissons. Pour la carangue, il existe six dénominations différentes selon l’âge du poisson. Ils connaissent les espèces, leurs modes et périodes de reproduction, les périodes de pêche. Ils ont une vraie connaissance de leur milieu. Ça fait partie de la richesse des Polynésiens. »
Pour Teva Rohfritsch, vice-président, ministre de l’Économie et des finances, en charge des grands travaux et de l’économie bleue, « la mer est un lien qui nous réunit mais aussi une source de richesses. Notre économie est basée
sur le tourisme et notre première ressource à l’export provient de la perliculture, suivie de près par la pêche. La relation à la mer est à la fois identitaire et économique, tant en Polynésie française que dans le Pacifique. Ce lien se traduit d’ailleurs bien à travers deux notions : celle de l’océan garde-manger, patere ma’a, et celle de l’océan gagnepain, ’imira’a faufaa, car il est la source de nombreuses activités et potentiellement de nouvelles opportunités de développement. » La mer, c’est l’avenir ! et pourtant elle a été délaissée pendant plusieurs années au profit de métiers de l’administration, ceux de l’enseignement ou de la sécurité. « Les Polynésiens se sont éloignés de la mer, se désole gérard Siu, mais aujourd’hui leur regard commence à changer. Il y a eu beaucoup de changements économiques, politiques et des difficultés à créer de l’emploi durable. Finalement, le secteur de l’économie bleue présente de vraies options et de bonnes options, qui ne sont pas des métiers de seconde chance mais au contraire, des métiers à fort potentiel. »

Certains ont déjà saisi leur chance, créant des startups pour faire découvrir la Polynésie sur l’eau grâce à des pirogues à voile traditionnelle. d’autres se lancent dans le charter. Le tourisme a le vent en poupe et le terrain de jeu de la Polynésie française est principalement maritime. Justement, il est idéal pour naviguer grâce au climat et à la sécurité des îles. mais c’est aussi la perliculture, l’aquaculture et la pêche que le gouvernement souhaite développer. tout en prenant en compte la protection de l’environnement. Le réchauffement climatique impactera forcément l’économie bleue à plus ou moins long terme et il faut aussi s’y préparer.

 

Quelques chiffres : 
• La mer représente 99,93 % de la surface
de la Polynésie française
• Les terres émergées représentent 3 500 km2
• Les lagons représentent 15 000 km2
• La Zee : 4,8 millions de km2 (5,5 millions de km2
si on inclut Clipperton)

UN SCHÉMA DIRECTEUR DES FORMATIONS MARITIMES POUR 2019

Le Pays souhaite développer ses ressources propres. Le secteur maritime est donc appelé à croître, ce qui entraînera des opportunités pour de nouveaux emplois. mais il s’agit de mener cette croissance dans le respect du développement durable. « Nous avons prévu de revoir prochainement la formation pour l’ensemble du secteur, car il s’agira également d’anticiper les futures compétences nécessaires », annonce teva rohfritsch, vice-président, ministre de l’Économie et des finances, en charge des grands travaux et de l’économie bleue.
Ainsi, une étude va être menée courant 2019 pour établir un schéma directeur des formations maritimes. objectifs : définir un nouveau dispositif de formation en ayant une vision la plus large possible du secteur maritime, définir une vision commune des ambitions du secteur en impliquant toutes les parties prenantes et développer de l’expertise et des compétences dans chaque filière. « Outre l’ingénierie de formation, les outils logistiques et techniques seront redéfinis en fonction des nouvelles ambitions. Le dispositif pourrait inclure des établissements de formation classique, des docks dédiés, des moyens mobiles voire des moyens importés temporairement pour s’adapter à des formations structurelles, des formations conjoncturelles ou uniques et à la demande, certains cursus pourront être déportés en métropole ou dans un autre pays (en Nouvelle- Zélande par exemple avec qui une convention prévoit des collaborations dans le domaine de la formation) », précise le ministère en charge de l’Économie bleue.
Il est bien sûr question de créer le lycée de la mer, réclamé par les professionnels du Cluster maritime, mais ce ne sera « qu’un élément parmi d’autres ». Le Centre des métiers de la mer, qui forme essentiellement les capitaines de pêche, les marins et les mécaniciens de navire, est voué à une évolution, un agrandissement et à une révision des cartes de formations dispensées (de nouveaux référentiels pour des diplômes de pêche sont en cours de finalisation). Il devrait déménager afin d’être doté de nouvelles capacités d’accueil et de moyens d’hébergement. on parle du site de l’Institut de recherche et développement (Ird) à arue. « L’enjeu est de définir un nouveau design complet du dispositif de formation à mettre en place pour accompagner voire stimuler le développement du secteur maritime qui ne reposera pas que sur un lycée. »

Les métiers de l’économie maritime (tourisme, produits de la mer, pêche, perliculture…)

• Besoin immédiat :
– greffeur de nacres
– Capitaine de yacht de plaisance, skipper
– Hôtesse et marin sur yacht de plaisance
– encadrant d’activités physiques et sportives
nautiques à vocation touristique

• Besoin à court terme :
– Pilote de transport lagonaire
– Capitaine de pêche côtière, au large, hauturière
– matelot de pêche
– technicien cultures marines
– animateur en milieu nautique
– guide de palanquée

• Besoin à moyen terme :
– gestionnaire de ferme aquacole
– gestionnaire de ferme perlière
– Contrôleur vétérinaire
– Ingénieur aquacole
– Chef de base nautique
– directeur de plongée

LE TOURISME NAUTIQUE : VECTEUR DE CROISSANCE

Le tourisme nautique est un vecteur essentiel de la croissance touristique polynésienne : il représente près de 25 % des retombées économiques liées au tourisme, soit 16,6 milliards de fcfp. Il présente plusieurs avantages : la croisière renforce l’attractivité et la rentabilité de la desserte aérienne internationale ; la plaisance, le yachting et la croisière permettent de mieux répartir les flux et les retombées économiques dans les îles et archipels éloignés ; et le charter nautique constituant un élément fort de différentiation de la destination, la Polynésie française est le leader de ce segment d’activités dans l’ensemble du Pacifique sud (chiffres du baromètre de l’économie maritime en Polynésie française 2018 du Cluster maritime). Pour gérard Siu, président du Cluster maritime, « quand un touriste vient en Polynésie, il veut découvrir le pays et la plus grande partie de ce pays se trouve sur le domaine maritime. On a des espaces maritimes très importants avec des sites uniques, isolés, où il y a de belles découvertes à faire, que ce soit au-dessus de l’eau ou en dessous. On a besoin de guides pour transporter les touristes mais aussi pour donner des explications et offrir une réelle découverte. Nous avons aussi besoin de personnes pour mieux connaître l’océan et le protéger, connaître l’impact sur les milieux naturels des infrastructures ou des activités humaines. Aucun tourisme ne peut être durable sans protéger les milieux. »

Avant il vivait au bord de l’eau et aujourd’hui il vit sur l’eau ! Skipper chez Herevai Charter depuis deux ans, Tamatoa Cowan conduit des catamarans de 46 pieds (environ 14 mètres) à Tetiaroa, Moorea, dans les Tuamotu…

« J’ai choisi ce métier par hasard. Je ne savais pas que je pouvais faire ce travail car je ne pensais pas pouvoir conduire un catamaran. J’ai suivi une formation de BC 200 au centre des métiers de la mer à Motu Uta pour être pêcheur professionnel. Je devais reprendre l’affaire de mon père mais j’ai eu des problèmes administratifs qui ont tout compliqué. Un de mes copains, qui était parti sur des charters de croisière, m’a donné envie de le suivre et à mon tour, je suis parti. J’ai commencé à Raiatea.
Au départ, les premiers charters font un peu peur. Tu ne sais pas à quoi t’attendre, tu arrives sur un bateau qui coûte plusieurs millions, c’est impressionnant. J’ai d’abord fait un stage pendant deux semaines où j’ai navigué en tant que matelot dans les îles Sous-le-Vent. Quand je suis rentré au port, il manquait un skipper et j’ai saisi ma chance. Les charters se sont ensuite enchaînés.
C’est un métier que tu es obligé d’aimer ! Tout le monde croit que skipper c’est conduire un bateau avec des jolies femmes à bord et que tu te promènes… C’est ça mais peut-être une fois par an (rires) ! Ce métier est un tout : il faut régler tous les problèmes sur le bateau, que ce soit électrique ou mécanique. Tu dois savoir tout réparer car tu es seul en mer et tu ne peux pas attendre d’être au quai à Papeete pour le faire. Tu dois être autonome et toucher à tout. La seule chose qu’on ne fait pas, c’est de la maçonnerie !
Au début, ce n’était pas facile car j’étais impressionné par le bateau, et quand il y avait un souci, j’étais paniqué. Mais chaque problème te rend plus fort. Il faut savoir s’occuper des gens, avoir un bon rapport avec les clients. C’est une chance d’être Polynésien car on connaît la mer et on sait où sont les belles choses. Il faut aussi être conscient de la puissance de la mer et bien averti des dangers. C’est un beau métier ! Tu peux être skipper sur différents bateaux, ce ne sont pas de longues études, il faut juste le vouloir. »

Formations sur Tahiti :
• Brevet de capitaine 200 au centre des métiers de la mer de la Polynésie française
(www.cmmpf.pf/formations).
Parler plusieurs langues étrangères est un plus, connaître l’anglais est indispensable.
Une formation BC 200 voile était organisée sur raiatea mais elle n’est plus donnée actuellement.

Raihoa Tikare, surnommé Rai, travaille comme hôtesse sur Herevai charter. C’est au Sefi qu’elle a trouvé cette formation par hasard. Ce qu’elle aime : être sur l’eau, au grand air !

« Je travaille comme hôtesse sur les charters depuis sept ans. J’étais à la recherche d’un emploi et je suis allée au Sefi où je suis tombée sur une annonce pour une formation d’hôtesse-marin. J’ai fait les tests, j’ai eu un entretien et j’ai réussi ma formation ! Quand j’étais enfant, j’aimais beaucoup la mer et je prenais souvent les goélettes pour aller dans les îles Sous-le-Vent mais je n’avais pas en tête un métier particulier en lien avec la mer. Je pensais d’ailleurs qu’il n’y avait pas de métier en lien avec la mer pour les femmes ! Chez moi, il y a beaucoup d’hommes et tous pêchent.
Quand tu es hôtesse, tu accueilles les clients, tu les mets à l’aise sur le bateau, tu cuisines pour eux, tu es guide… tu as plusieurs casquettes. Tu peux même être conseillère matrimoniale (rires) ! Parfois les clients se confient, il faut savoir écouter. Mon objectif dans ce métier était aussi de mieux connaître ma culture pour la partager, de faire découvrir nos îles polynésiennes. Je donne des conseils aux touristes qui recherchent des endroits spécifiques pour leurs vacances pour qu’ils réussissent leur séjour en Polynésie. Quand j’ai commencé, j’ai eu un gros problème à mon premier stage : un homme à la mer. J’ai aussi été sur un bateau qui s’est retrouvé sur le récif. Avec ces deux expériences, je suis bien consciente des dangers de la mer et je suis très prudente.
Aujourd’hui, je travaille pour Herevai Charter et je suis heureuse de faire ce métier, c’est devenu une passion. J’aime travailler sur l’eau, sur les catamarans. Désormais je suis mieux en mer qu’à terre ! Quand je rentre des longs charters, c’est parfois difficile, je me dis : bienvenue dans la réalité ! Quand on est en charter, il n’y a pas de circulation, l’air est pur, j’adore ça et avec les capitaines, nous sommes comme une famille, grand frère et grande soeur ! »

Formations sur Tahiti :
• Des for mations ponctuelles d’hôtesse-marin sont organisées par le Sefi (www.sefi.pf) avec le centre des métiers de la mer de la Polynésie française (www.cmmpf.pf/formations)
• Accompagnateur de tourisme au CFPA (www.cfpa.pf)
Parler plusieurs langues étrangères est un plus, connaître l’anglais est indispensable.

DÉVELOPPER LA FILIÈRE AQUACOLE

Gestionnaire de ferme aquacole, gestionnaire de ferme perlière, ingénieur aquacole… font partie des besoins à moyen terme du secteur maritime.

La consommation des produits de la mer étant en augmentation, l’élevage est un moyen de préserver les stocks naturels. À condition qu’il respecte les espèces et les milieux. Plusieurs filières ont été tentées et certaines développées depuis les années 1970 en Polynésie française. actuellement, l’élevage de crevettes, la pisciculture lagonaire, l’aquaculture de bénitiers ainsi que la collecte et l’élevage de larves récifales sont les principales activités de ce secteur. L’élevage de la crevette Litopenaeus stylirostris est basé sur la production des post-larves de l’écloserie du Pays. Le potentiel aquacole de cette crevette est élevé mais il existe un manque de surfaces terrestres disponibles. des perspectives de développement se portent sur l’élevage en cage dans les lagons. La pisciculture existe depuis vingt ans à tahiti avec une production de loup tropical, qui reste limitée et très variable, et de paraha peue.
L’aquaculture de bénitiers offre des opportunités intéressantes pour le repeuplement lagonaire, l’aménagement de jardins sous-marins et l’exportation durable de produits de haute qualité. enfin la collecte et l’élevage de larves récifales permettent des travaux d’aménagement corallien afin d’améliorer certains lagons dégradés ou l’exportation de poissons d’élevage pour les poissons d’ornement. toutes ces activités doivent se dérouler selon les conditions d’un développement durable.

Le gouvernement polynésien considère la filière aquacole encore trop peu développée. « Nous comptons stimuler les initiatives à tous les niveaux. Un schéma directeur vient d’être finalisé et une nouvelle politique sectorielle sera proposée très prochainement par le gouvernement à l’assemblée de Polynésie française », explique teva rohfritsch, vice-président et ministre de l’Économie et des finances, en charge des grands travaux et de l’économie bleue. de grands projets structurants ont été lancés dans ce secteur : la mise à disposition de foncier sur la presqu’île de tahiti à faratea, pour des opérateurs locaux qui souhaitent développer des projets à dimension artisanale voir semi-industrielle, dans l’aquariophilie, la production de crevette et de poisson et la transformation ou la valorisation des produits marins. et le projet de ferme aquacole de Hao avec des investisseurs étrangers. Ces projets sont tous créateurs d’emplois.

Formations aux métiers de l’aquaculture :
• Certificat polynésien d’aptitude professionnelle (CPAP) en gestion et exploitation en milieu marin dans les Cetad (2 ans)
• Certificat d’aptitude professionnelle agricole (CAPA) en agriculture des régions chaudes dans les maisons familiales rurales (2 ans)
• Licence sciences de la vie à l’université de la Polynésie française : biodiversitéécologie ou biologie-biochimie-physiologie (infos : www.upf.pf)
• Master biodiversité, écologie et évolution, parcours environnement insulaire océanien à l’université de la Polynésie française (infos : www.upf.pf).
• Infos : Direction des ressources marines au 40.50.25.50 ou sur : drm@drm.gov.pf

LA PERLICULTURE : UN MÉTIER DE PATIENCE

Le nombre de producteurs d’huîtres perlières et de perles de culture a augmenté en 2016, selon le dernier bilan de l’ISPF.

Le gestionnaire d’une ferme perlière doit être particulièrement polyvalent : connaître l’huître perlière, son anatomie, son développement mais aussi les maladies qui peuvent la menacer et notamment le phénomène d’eutrophisation (prolifération d’algues à cause du changement climatique et/ou de l’activité humaine. Les lagons de takaroa et raroia sont touchés depuis 2014). Il doit également être organisé et prévoyant puisqu’un processus de production s’échelonne sur plusieurs années. Il faut environ deux ans pour obtenir une huître prête à être greffée et encore attendre plusieurs mois après cette opération pour récolter une perle. Il faut donc beaucoup de patience. enfin, gestion et marketing doivent également faire partie de la panoplie de ses compétences.
Selon le dernier bilan de l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPf), le secteur de la perle s’est renforcé en 2016. La surface exploitée progresse légèrement et le nombre de producteurs d’huîtres perlières et de perles de culture augmente. Le chiffre d’affaires a également progressé passant d’une moyenne de 7 milliards de fcfp par an depuis les cinq dernières années à 7,3 milliards de fcfp. Les exportations de produits perliers représentent 60 % des recettes à l’exportation des produits locaux. La perle noire de tahiti reste un pilier de l’économie polynésienne. en 2016, on comptait 544 concessions qui, pour la plupart, se trouvent dans l’archipel des tuamotu. La production de perles de culture est réalisée sur 25 îles dont 4 rassemblent la moitié des fermes : mangareva, marutea Sud, ahe et arutua. en 2016, le gouvernement a encouragé le développement des petites exploitations ; en juillet 2017, une loi a été promulguée afin de réformer le secteur de la perliculture. grâce à des outils de régulation de la production et à un suivi des stocks, ce texte devait permettre d’améliorer l’organisation du secteur et la qualité de la production tout en préservant les milieux naturels.

Formation perliculteur
• Au Centre des métiers de la nacre et de la perliculture, durée 10 mois, situé à rangiroa.
• Infos : Direction des ressources marines au 40.50.25.50 ou sur : drm@drm.gov.pf

Julien Cochennec est capitaine du thonier Vini Vini VII. Passionné par la pêche, il est amoureux du grand large !

« Je suis capitaine de bateau de pêche depuis 2005. Je viens de France où j’ai passé un BEP de mécanique marine. Ma mère est venue travailler ici, à Tahiti, et je l’ai suivie. J’ai d’abord travaillé comme mécanicien sur les bateaux puis je suis retourné à l’école pour passer mon Brevet de capitaine 500 au centre des métiers de la mer de Polynésie française.
J’ai eu la chance d’être capitaine d’un bateau dès mes vingt ans. Le patron m’a fait confiance. Je travaille désormais pour Vini Vini depuis cinq ans et demi où je navigue sur le Vini Vini VII comme capitaine. Nous partons à quatre : je m’occupe de la passerelle et de la machine et parfois je pêche avec les gars, qui eux, s’occupent du poisson. Mes campagnes de pêche durent généralement une vingtaine de jours. On fait quinze jours de pêche et il faut compter quatre ou cinq jours de route. On a ensuite une pause de quatre ou cinq jours et on repart. J’aime être en mer, au large. Tous les jours, on a un lever et un coucher de soleil, comme personne n’en voit jamais. Lors de cette campagne,
on a commencé au nord des Tuamotu et on est monté petit à petit vers les Marquises puis on est retourné vers Tahiti au moment de la fin de la marée. C’est le feeling et la connaissance des poissons que tu acquiers avec l’expérience qui permettent de trouver le poisson. Ils changent d’endroit en fonction des saisons, du courant, de la température. On ne sait jamais vraiment quelle quantité on va ramener. Parfois, c’est le jackpot et d’autres fois, c’est moins bon. Le maximum que j’ai fait avec ce bateau est 19 tonnes en quinze jours de pêche.
C’est un métier difficile : nous sommes éloignés de notre famille et de la terre. Parfois on ne voit pas d’îles du tout durant la campagne de pêche. C’est aussi un métier dangereux, il faut faire attention aux lignes, aux hameçons. Il faut toujours être vigilant. »

Formations sur Tahiti :
• Brevet de capitaine de pêche au large (882 heures de cours) : qualification pour le commandement à titre professionnel des navires de pêche d’une longueur inférieure ou égale à 25 mètres armés à la pêche hauturière.
• Certificat de patron lagonaire « pêche et cultures marines » (175 heures de cours) : commandement de navires de pêche ou aquacoles destinés aux cultures marines.
• Brevet de capitaine de pêche côtière (515 heures de cours) : titre professionnel maritime requis pour le commandement de navire de pêche qui effectue une navigation maritime professionnelle à la pêche côtière.
• Certificat d’initiation nautique, option « pêche » (393 heures de cours) : prépare aux tâches liées à la fonction de matelot, à bord des navires de pêche.
• Infos : le centre des métiers de la mer de la Polynésie française (www.cmmpf.pf/formations).

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