Lever les obstacles de la formation

UN CONGRÈS DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DE L’EMPLOI S’EST TENU LES 9 ET 10 NOVEMBRE. À CETTE OCCASION, UN DIAGNOSTIC PORTANT SUR LES OBSTACLES À LA FORMATION EN POLYNÉSIE FRANÇAISE A ÉTÉ PRÉSENTÉ. UN TRAVAIL NÉCESSAIRE POUR LA FUTURE COLLABORATION ENTRE LE FONDS PARITAIRE DE GESTION (FPG) ET LE FONDS PARITAIRE DE SÉCURISATION DES PARCOURS PROFESSIONNELS DE MÉTROPOLE (FPSPP).

Le Fonds paritaire de gestion (FPG) et le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) de métropole sont en passe de devenir des partenaires. Cette collaboration vise à faciliter l’accès des Polynésiens à la formation. Un « relevé de décisions » a été signé entre les deux fonds en juin 2017. Christophe Plée, président de la CPME (ex CGPME) et trésorier adjoint du FPG, et Yves Laugrost, secrétaire fédéral de A Ti’a i Mua et trésorier de ce même Fonds, étaient à Paris pour signer ce document qui fixe le cadre d’une future coopération entre les deux fonds. Ce partenariat s’inscrit dans le prolongement de la loi pour l’égalité réelle des Outre-mer du 28 février 2017 et de l’accord de Papeete de la même année.
Le Fonds paritaire de gestion souhaite « bénéficier de l’appui méthodologique du FPSPP notamment pour promouvoir des innovations pédagogiques (formations à distance, numérique, digital…) qui pourraient, au moins pour partie, permettre de surmonter les obstacles identifiés. Le Fonds paritaire de gestion souhaite également mettre à l’étude avec le gouvernement de la Polynésie française et le ministère des Outre-mer, en y associant le FPSPP, un dispositif d’appui financier inspiré de celui de la continuité territoriale, au profit des salariés des entreprises du secteur privé qui ne trouvent pas sur place les formations correspondant à leurs besoins », peut-on lire dans le relevé de décisions.
Ce document détermine d’ores et déjà plusieurs échéances : réaliser un diagnostic portant sur les obstacles à la formation en Polynésie française, organiser un Congrès de la formation professionnelle et de l’emploi pour rendre public et débattre des conclusions de ce diagnostic, se retrouver aux sixièmes rencontres économiques du Pacifique sud prévues en décembre 2017 pour finaliser et valider les contrats de partenariat.

Dans le prolongement de la loi égalité réelle outre-mer , un partenariat entre le FPG et le FPSPP est en construction.

Une faveur obtenue au nom de l’égalité
Grâce à ce partenariat, le Fonds paritaire de gestion espère lever les obstacles sur les besoins de formation des Polynésiens et supprimer les limites actuelles : une offre de formation restreinte et des coûts importants pour envoyer les salariés se former en France ou ailleurs. « On a évalué ce nombre de formations à l’année à trois cents. On s’est mis à chercher des financements pour aider ces entreprises qui n’envisagent même pas avoir accès à ces formations à cause de leur coût. On a posé ce problème aux rencontres économiques du Pacifique sud au ministère des Outre-mer en décembre 2016 », raconte Christophe Plée qui préside ces rencontres.
À l’époque, le Fonds de sécurisation des parcours professionnels rejette l’idée d’une collaboration : fruit d’un financement participatif des entreprises nationales et des syndicats nationaux, leur compétence s’arrête au territoire métropolitain. En Polynésie, nous avons le Fonds paritaire de gestion. Il n’est donc pas question d’un partenariat. Mais au même moment, la loi pour l’égalité réelle des Outre-mer est à l’examen au Sénat. Branle-bas de combat pour intégrer la formation professionnelle au texte, ce que parviennent à obtenir les parlementaires polynésiens. « Désormais, en s’appuyant sur la loi, au nom de la solidarité nationale et de l’égalité, on considère qu’on peut avoir accès au Fonds de sécurisation des parcours professionnel ou avoir une collaboration. »

Un partenariat plein de potentie
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Ce partenariat n’est pas encore chiffré, ni concrètement délimité mais le Fonds paritaire de gestion est bien décidé à inscrire cette collaboration dans le long terme, comme une convention quinquennale par exemple. « Le Fonds de sécurisation des parcours professionnel est beaucoup porté sur l’innovation dans la formation. Ils sont intéressés pour expérimenter en Polynésie. Concernant la formation à distance, ils sont très versés dans les nouvelles technologies, ce qui pourrait nous être très utile avec nos problématiques de distance avec les îles. Nous réfléchissons à la manière dont ils pourraient nous aider financièrement. Ils ont aussi à nous apprendre en ingénierie. Le Fonds partiaire de gestion a été créé en 2009, nous sommes encore au début. Nous avons besoin de voir large et grand, de nous projeter », explique Christophe Plée. Pour le président de la CPME, on rejoint un dossier fondamental pour la Polynésie française : l’océanisation des cadres. Grâce à ce partenariat entre le Fonds paritaire de gestion et le Fonds de sécurisation des parcours professionnels, « on peut tout faire, tout est envisageable », assure Christophe Plée. La formation fait désormais partie de « l’égalité réelle ».

La formation dans la loi pour l’égalité réelle outre-mer

• Article 1er
« La République reconnaît aux populations des outre-mer le droit à l’égalité réelle au sein du peuple français. (…) À cette fin, et dans le respect des compétences dévolues à chacun et du principe de solidarité nationale, l’État et les collectivités mentionnées aux deuxième et troisième alinéas de l’article 72-3 de la Constitution engagent des politiques publiques appropriées visant à résorber les écarts de niveaux de développement en matière économique, sociale, sanitaire, de protection et de valorisation environnementales ainsi que de différence d’accès aux soins, à l’éducation, à la formation professionnelle, à la culture, aux services publics, aux nouvelles technologies et à l’audiovisuel entre le territoire hexagonal et leur territoire. »

• Article 50

« L’article L. 1803-15 du même code est complété par un alinéa ainsi rédigé : “À Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, le représentant de l’État représente l’Agence de l’outre-mer pour la mobilité auprès de la collectivité pour la mise en oeuvre des programmes de formation ou d’insertion professionnelle en mobilité élaborés en partenariat avec cette collectivité et détermine les modalités d’identification des bénéficiaires de ces programmes.’’ »

• Article 59

« À titre expérimental, pour une durée de dix-huit mois à compter du 1er juillet 2017, dans les départements et les collectivités d’outre-mer, les dépenses liées à l’exercice de la fonction tutorale exposées par les employeurs pour la formation professionnelle des salariés peuvent être prises en charge par l’organisme paritaire collecteur agréé au titre du plan de formation auquel ces employeurs versent leur contribution en application des articles L. 6331-2 et L. 6331-9 du Code du travail, dans les limites mentionnées au deuxième alinéa de l’article L. 6332-15 du même code et dans les conditions déterminées par un accord conclu entre l’État et les organismes paritaires collecteurs agréés concernés. »

La formation dans l’accord de Papeete

• Article 2.2.3
« Afin de dynamiser la compétitivité des entreprises, le plan de convergence conclu entre l’État et le pays détermine les modalités d’accès des salariés polynésiens aux dispositifs paritaires nationaux de formation. »

• Article 2.3.3
« Les moyens de communication numérique constituent une opportunité sans précédent pour atténuer le poids des distances et faciliter l’accès à des services publics de base, à l’éducation et à la formation ainsi qu’à l’activité économique. L’État soutient le développement numérique de la Polynésie française, notamment son financement. Dans la limite de ses compétences, il favorise le déploiement des réseaux haut et très haut débit en tenant notamment compte des besoins accrus d’intervention publique en matière de déploiement de la fibre optique. Il oeuvre également en faveur du rattachement du territoire aux grands réseaux numériques internationaux, ainsi qu’au raccordement effectif de différentes composantes de ce territoire aux réseaux de communication. Il contribue en outre au développement de l’école numérique. »

Les objectifs du Congrès de la formation professionnelle et de l’emploi
• 1- Établir un plan de convergence en matière de formation professionnelle et d’emploi marquant la volonté commune des pouvoirs publics du Pays, de l’État et des partenaires sociaux (dont le FPG) de faire de la formation professionnelle un instrument essentiel pour la performance de la Polynésie française.
• 2- Formaliser un partenariat entre le FPG et le FPSPP.
• 3- Définir les moyens visant à disposer des outils pour une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
• 4- Établir une cartographie des formations disponibles et non disponibles.
• 5- Améliorer la mise en oeuvre des dispositifs de mobilité existants.
• 6- Développer des partenariats intra-Polynésie, avec la zone du Pacifique et avec la métropole.

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