Louis et Teanau, les jeunes espoirs polynésiens de la danse

Florence Yhuel partage et enseigne sa passion à l’école de danse André Tschan. Elle encourage aussi les jeunes talents à s’affirmer et certains, comme Louis et Teanau, se confirment jusque dans des écoles prestigieuses en France. Des jeunes espoirs brillants et inspirants !

Louis Pineau a quinze ans et il sait déjà parfaitement ce qu’il veut : danser ! Dès ses quatre ans, ses parents lui proposent d’essayer des cours pensant que la danse pourra l’aider à corriger sa posture (il marche un peu en dedans avec son pied gauche). Non seulement, son pied se repositionne correctement mais la danse devient une passion. Une grande passion ! Il commence par un cours par semaine au centre André Tschan où il poursuit avec le « cursus passion » – devenu aujourd’hui le cursus jeune ballet. Ce programme, créé par Florence Yhuel pour les enfants qui souhaitent approfondir leur apprentissage, prévoit quatre cours par semaine et des ateliers le samedi.
L’investissement n’effraie pas Louis qui, bien au contraire, veut aller encore plus loin et s’inscrit à un stage au pôle national de danse Cannes-Mougins, l’école internationale de danse Rosella Hightower. « Durant ce stage, j’ai trouvé ma voie ! J’ai réalisé que je voulais devenir danseur et que je devais auditionner pour entrer dans cette école. » Mais ses parents ne sont pas encore prêts à le laisser partir et il devra attendre une année avant de refaire un stage à l’issue duquel il passera et réussira l’audition.

« Nous avions plusieurs cours à suivre : classique, contemporain, ateliers improvisation, renforcement musculaire, échauffement, musique, histoire de la danse, anatomie, analyse du mouvement, pas de deux et les cours classiques de l’école », précise-t-il. Après ces trois années à Cannes, il poursuit au
Conservatoire national supérieur de Paris en section danse contemporaine, àdepuis la rentrée. Pour lui, « la danse est une question de partage avec les autres danseurs et le public. Je montre mes émotions : de la joie ou de la tristesse, en fonction des moments. » Il se voit bien intégrer une compagnie, voyager, découvrir d’autres cultures, d’autres styles de danse, danser, puis devenir chorégraphe ou professeur… Bref, passer toute sa vie dans la danse !

Teanau Lussan, quant à elle, est scolarisée depuis la rentrée 2018 en sixième, en Métropole, dans cette même école à Cannes, par laquelle Louis est passé. À seulement onze ans, elle vit loin de ses parents qui résident à Tahiti. À la rentrée prochaine, elle passera en cinquième après une première année brillamment réussie.
Elle aussi a commencé au centre de danse André Tschan avec Florence Yhuel. Alors que sa famille danse le ’ori Tahiti, ses parents lui proposent de découvrir le classique et Teanau accroche tout de suite. Elle intègre le « cursus jeune ballet » et ne tarde pas pour passer l’audition et rentrer dans l’école de Rosella Hightower : « J’avais trouvé ce qui me plaisait et je me disais que c’était maintenant ou jamais », confie-t-elle. Les cours se déroulent le matin, et l’après-midi est consacré à la danse. « J’apprends les bases en classique, on fait du renforcement musculaire… »

En vacances à Tahiti, elle se dit heureuse de retrouver sa famille mais elle a également hâte de retourner à l’école à Cannes. Même durant cette pause, elle s’efforce de pratiquer des exercices chez elle. Heureusement, son petit frère l’accompagne, ce qui la motive ! « Les professeurs là-bas sont exigeants mais ils ne sont pas sévères », assure-t-elle. Ce qu’elle aime dans la danse ? Le partage et aussi les spectacles, des moments émouvants car éphémères. Et quand le public applaudit ? « On se dit qu’on a bien travaillé ! »

Florence YHUEL, directrice de l’école de danse André Tschan.

Louis et Teanau afont partie des rares espoirs polynésiens de la danse classique et contemporaine. Teanau est la quinzième élève de l’école André Tschan à partir en France pour continuer un cursus dans la danse. Les auditions pour rentrer dans ces écoles sont difficiles. Louis se souvient de celle qu’il a passée pour le Conservatoire national supérieur de Paris, l’école la plus prestigieuse en danse : « Nous avons d’abord suivi un cours technique de danse contemporaine où le jury nous observait, puis nous avons eu une demi-heure pour apprendre une chorégraphie de deux minutes que nous devions présenter devant le jury. Ensuite nous avons présenté notre propre chorégraphie et enfin, l’audition s’est terminée par un entretien. » Florence Yhuel a créé un cursus spécial dans son école pour ces enfants qui ont l’envie et le talent de devenir des danseurs. « Il s’agit de les faire danser davantage car il n’y a pas de secret : pour réussir, il faut beaucoup travailler », affirmet- elle.

L’autre étape est sans doute la plus difficile : laisser partir ces enfants loin de Tahiti. « Je suis moi-même maman et je mesure tout le sacrifice des parents qui acceptent de laisser leurs enfants continuer leur apprentissage en France. C’est un choix qui vient toujours de l’enfant. » Ces jeunes espoirs de la danse ont aussi cette qualité commune d’être d’une grande maturité. « Ils ont la danse dans leurs tripes. Pour eux, c’est très important, ils veulent en faire leur métier et partir. » Et ils savent qu’ils ne pourront réussir qu’à force d’un travail sérieux. Quand ils repassent sur Tahiti entre deux spectacles ou pour les vacances, ces élèves particuliers ne manquent jamais de revenir voir Florence Yhuel, celle qui leur a appris leurs premiers pas et leur a donné cet amour pour la danse. « C’est une grande fierté de les voir évoluer, ils nous racontent ce qu’ils apprennent, nous montrent des pas. Et nous aussi, cela nous fait grandir ! »

Infos pratiques :
• École de danse André Tschan, Rue des Remparts, à Papeete
Tél : 87.71.55.41
www.ecolededanse-tschan.pf
Facebook : Centre de danse Tschan

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