Olivier FARON: le CNAM doit mener les polynésiens vers la réussite

OLIVIER FARON, PROFESSEUR DES UNIVERSITÉS, A ÉTÉ NOMMÉ ADMINISTRATEUR GÉNÉRAL DU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS (CNAM) PAR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EN 2013. IL ÉTAIT EN MISSION EN POLYNÉSIE FRANÇAISE EN JUILLET DERNIER, VENU VISITER LES NOUVEAUX LOCAUX OÙ SE SITUE DÉSORMAIS CETTE INSTITUTION, AU SEIN DU LYCÉE HÔTELIER.

En quoi la présence du CNAM est essentielle en Polynésie française ?

« Le CNAM, c’est l’établissement public de formation professionnelle des adultes. Nous avons une mission de service public importante : accompagner nos concitoyen(nes) pour qu’ils trouvent la bonne formation professionnelle, reprennent des études, retrouvent un emploi ou accèdent à la promotion sociale. Nous sommes le seul établissement national qui couvre l’ensemble du territoire et donc tous les Outre-mer. En Polynésie française, nous contribuons à l’action de formation, parallèlement au gouvernement polynésien qui agit également dans ce secteur. Aujourd’hui, il y a un vrai besoin de formation professionnelle pour accélérer le développement économique du territoire mais aussi pour accompagner l’ensemble des Polynésien(ne)s vers la réussite. Pour nous, c’est important de comprendre comment faire encore mieux et comment se développer. Nous sommes aujourd’hui en bonne voie car nous avons désormais un directeur à plein temps, Christophe Gomez, et un nouveau siège. Nous sommes très ambitieux pour les années à venir. »

Le CNAM est-il en plein développement ?

« Notre mission traditionnelle est d’assurer les formations continues mais une nouvelle impulsion est donnée par le nouveau gouvernement central avec des axes de développement de la formation professionnelle et d’un certain nombre de formations pour les bacheliers professionnels. J’essaye de comprendre comment apporter des réponses sur le terrain. »

L'équipe du CNAM en Polynésie française entoure Olivier Faron, venu en mission à Tahiti en juillet dernier.

Cette nouvelle impulsion signifie-t-elle de nouvelles formations ou de nouveaux contenus  pour certaines formations ?
« Il faut réfléchir à la bonne prise en compte des bacheliers professionnels et à leurs attentes. Il faut réussir à leur proposer une formation postbac qui correspond à leurs attentes mais aussi aux besoins du territoire. Il faut être capable d’avoir une vraie agilité, c’est-à-dire créer la bonne offre de formation au bon endroit, répondre aux besoins, et avoir des modalités de transmission adaptées. En Polynésie, il y a une forte demande de validation des acquis de l’expérience. Pour nous, c’est un vrai enjeu. Il y a tout ce qui a trait aux formations à distance et au numérique. Le CNAM doit être encore plus percutant qu’avant, plus disruptif, et encore mieux répondre aux besoins. »

En quoi le CNAM se différencie des autres centres de formation en Polynésie ?

« Le CNAM a trois spécificités fortes. C’est d’abord une grande marque. D’après nos estimations, il y a un million de personnes dans la société active française qui sont passées par le CNAM, c’est un établissement reconnu. Deuxième spécificité : nous misons sur la qualité et l’excellence. L’accueil au CNAM est personnalisé, nous proposons des parcours à la carte. Nous appuyons nos formations sur la recherche et sur nos capacités à comprendre quels sont les nouveaux besoins. Enfin, notre troisième spécificité est notre attachement viscéral au diplôme ou au certificat professionnel. Vous rentrez au CNAM, vous sortez diplômés ou certifiés. »

Que manque-t-il aujourd’hui au monde de la formation pour qu’il soit en symbiose avec celui du travail et de l’entreprise ?

« L’articulation de la formation avec les besoins du monde socioprofessionnel et ceux du territoire est notre priorité. Ce ne sera jamais parfait mais ce doit être notre ambition. Le CNAM travaille avec le Medef. D’ailleurs, nous allons ouvrir une université numérique ensemble et nous serons heureux de la déployer en Polynésie. Où sont les besoins et comment y répondre sont évidemment les questions qui doivent être prioritaires. Avant, les donneurs d’ordre et les prescripteurs étaient les collectivités territoriales ; aujourd’hui, on voit que les entreprises prennent aussi cette place et les salariés eux-mêmes construisent leurs objectifs de formation. À nous d’inventer les réponses. La formation professionnelle est un levier fort du retour à la croissance. »

Comment voyez-vous la situation économique de la Polynésie française ?

« Je pense que la Polynésie, comme de nombreux territoires, affrontent un certain nombres de difficultés : essayer de trouver les vraies poches de croissance potentielles, avoir la main-d’oeuvre correspondante et  des forces vives qui portent des sujets. Il y a beaucoup de potentialités et il faut que la formation, l’éducation  et l’enseignement supérieur soient plus en synergie par rapport à ça. Le développement de la Polynésie est conditionné par ce que sont ses richesses : la mer, le tourisme, le numérique, la création… Aux Polynésiens de créer les sociétés qui vont dynamiser leur territoire. À nous d’ouvrir des envies, des désirs et des potentialités pour leur permettre d’agir. »

Qu’aimez-vous particulièrement en Polynésie ?

« Il y a un très beau et intéressant dialogue entre les Polynésiens et la France. Il y a beaucoup d’imagination, de créativité… Il y a une jeunesse très importante qui n’a pas forcément tout de suite le destin qu’elle devrait avoir ; à nous de donner un coup d’accélérateur et de les mener vers la réussite. »

CNAM
• Tél : 40.43.25.44
www.cnam.fr
CNAM PF

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