Patricia Lo Monaco : “Le bilan de compétence redynamise et redonne confiance”

PATRICIA LO MONACO, DIRECTRICE D’API FORMATION, PROPOSE DES BILANS DE COMPÉTENCES. QUE L’ON SOIT DEMANDEUR D’EMPLOI, SALARIÉ, ENTREPRENEUR, CET OUTIL PERMET DE S’ARRÊTER UN PEU POUR RÉFLÉCHIR À CE QUE L’ON VEUT VRAIMENT.

Quel est l’intérêt de faire un bilan de compétences ?
Le bilan de compétences est intéressant dans plusieurs cas. Les personnes en recherche d’emploi et qui ne trouvent pas de travail peuvent ainsi analyser les raisons pour lesquelles elles restent sans emploi. Il va permettre de réorienter ces personnes vers un autre métier ou sur la manière dont elles font leurs recherches d’emplois. Quelquefois, une envie de changer de métier existe mais n’est pas dite. Le bilan de compétences va aider à la formuler. Un bilan de compétences est aussi intéressant pour des personnes qui occupent une fonction depuis plusieurs années et qui ont envie de changer. Elles ne veulent pas partir à l’aveuglette, n’ont pas d’idées précises sur ce qu’elles voudraient faire. Il y a aussi des gens qui expriment clairement leur envie de se reconvertir. Ils veulent suivre une formation mais manquent d’assurance et ont besoin d’être confortés dans leurs choix. Parfois ce sont des entreprises en difficulté qui anticipent un plan social en payant à leurs employés un bilan de compétences, qui peut être assorti d’autres prestations : CV, recherche d’emplois, etc. Le bilan de compétences va aider toutes ces personnes à analyser leurs acquis professionnels et personnels. On va ensuite recenser les formations existantes sur le territoire et même ailleurs. Nous allons toujours faire attention à l’offre locale. On ne va pas orienter les gens vers le métier d’astronaute en disant qu’ils vont trouver du travail à Tahiti !

Quelles sont les étapes ?

Cela se déroule sur plusieurs séances. La première vise à déterminer ensemble vers quelle direction aller. Un dossier contenant beaucoup de questions est ensuite remis. On va travailler sur la personnalité : les qualités, les défauts, le parcours, les goûts, les centres d’intérêt… Entre chaque séance, la personne doit répondre à des questionnaires. Et lors des séances, nous vérifions ensemble si les réponses collent bien et on en discute. Après, nous allons travailler sur les compétences professionnelles. Quand on est dans une entreprise depuis plusieurs années, on a acquis plein de compétences mais on ne sait même pas lesquelles. On va rentrer dans les détails : connais-tu Word, Excel, sais-tu bêcher la terre, rédiger ? Ce sont des questions très précises qui s’affinent au fur et à mesure. On s’intéresse aussi à toutes les pratiques sportives, artistiques, les voyages, les loisirs… Une fois que toutes les motivations et les aspirations sont identifiées, grâce aux échanges et aux questions, des orientations se dessinent. Le bilan de compétences permet d’aider les personnes à se recentrer sur ce qu’elles savent faire et ce qu’elles auraient envie de faire. Après cette grande phase sur « qui tu es et ce que tu as fait », vient la deuxième : « Qui voudrais-tu être et que voudrais-tu faire ? »

Le bilan de compétences permet-il de redynamiser les gens ?

Redynamiser et redonner confiance. Et aussi de repartir sur de bonnes bases et de savoir où l’on va. Quand il est terminé, l’orientation doit coller avec ta personnalité, ton expérience et le marché du travail en Polynésie, si tu veux rester ici. Nous restons réalistes. Il permet aussi à certaines personnes de sauter le pas. Par exemple, quelqu’un qui est commercial dans une entreprise mais qui adore la couture, je vais le voir petit à petit dans le bilan de compétences. Il s’agira ensuite de déterminer comment cette personne peut faire si elle veut vraiment se lancer dans la couture et devenir entrepreneur. C’est du coaching.

Est-ce que cela demande du temps ?

Cela prend au moins quatre séances réparties sur plusieurs semaines. Il faut laisser du temps pour digérer l’information. Ça peut se faire après le travail ou même le samedi, nous nous adaptons aux disponibilités des gens.

A-t-on des aides financières pour faire un bilan de compétences ?

Un salarié peut demander à son patron de lui financer un bilan de compétences. Celui-ci sera pris en charge par le Fonds paritaire de gestion, à partir du moment où c’est motivé. Ce n’est pas de la formation mais c’est un accompagnement du salarié.

Pourquoi l’orientation professionnelle reste difficile ?
Je pense qu’il doit y avoir une ouverture d’esprit à la maison. Il faut communiquer sur tout ce qui t’entoure. Je pense aussi que l’école ne fait pas assez le pont avec les entreprises. Il y a du mieux mais ce n’est pas suffisant. Les enfants devraient aller plus souvent en entreprise, en stages de découverte ou les professeurs devraient inviter plus souvent les entrepreneurs pour parler de leur activité. Il devrait y avoir un module dans les programmes scolaires du type : préparation à la vie professionnelle.
On envoie les collégiens dans des forums d’orientation, ils sont déjà au DNB, il ne leur reste plus qu’un an pour choisir. C’est difficile. Les enfants ont aussi des inspirations. Il faudrait leur demander simplement ce qui leur plaît. Évidemment, ces envies peuvent évoluer. Il ne faut pas mettre les gens dans des cases. L’enfant à 12 ans n’est pas capable de dire « je vais faire ça toute ma vie », il n’en a aucune idée ! D’où l’importance de lui faire découvrir le monde de l’entreprise et les différents métiers. C’est de la vie citoyenne et de l’ouverture d’esprit sur le monde économique.

Où s’adresser ?
Pour faire un bilan de compétences, plusieurs structures sont habilitées parmi lesquelles :
Api Formation
• Tél : 40.54.54.30
www.api.pf

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