Une politique de l’emploi mise en oeuvre dans le cadre d’une politique économique et sociétale coordonnée

SI LE CLIMAT DES AFFAIRES PROGRESSE ET L’EMPLOI SALARIÉ AUGMENTE, LE GOUVERNEMENT CONTINUE À MENER UNE POLITIQUE ACTIVE EN MATIÈRE D’AIDE À L’EMPLOI ET À L’INSERTION. TOUR D’HORIZON DES DIFFÉRENTES MESURES DE SOUTIEN : L’INSERTION PAR LA CRÉATION OU LA REPRISE D’ACTIVITÉ (ICRA), LES DIFFÉRENTES AIDES AU CONTRAT DE TRAVAIL (ACT, ACT PRIM ET ACT PRO), L’APPRENTISSAGE ET LES DISPOSITIFS D’INSERTION.

Selon, la dernière note expresse relative aux premières tendances du premier trimestre 2016 de l’Institut d’émission d’Outre-Mer (IEOM), « l’indicateur du climat des affaires (ICA) accentue sa progression au premier trimestre 2016 (+2,4 points). Il évolue depuis désormais deux ans à un niveau sensiblement supérieur à sa moyenne de longue période, ce qui confirme une amélioration de l’activité économique, qui gagnerait aussi en intensité. Cette évolution de l’indicateur s’explique en particulier par l’optimisme accru des professionnels interrogés, concernant notamment leur volume d’activité et leur trésorerie pour les mois à venir ». On peut également lire que « les prévisions d’investissement à un an sont également  très dynamiques. Elles témoignent du regain de confiance des chefs d’entreprise à moyen terme, rassurés par la pérennisation du dispositif national de défiscalisation et par l’annonce récente de mesures locales de soutien à l’économie pour les années 2016 et 2017 ».

Toujours selon les premiers résultats de l’enquête de conjoncture, « l’activité s’est améliorée, en particulier dans les secteurs du commerce, des services et du tourisme. Pour le prochain trimestre, les professionnels anticipent une nouvelle hausse de leur activité et une consolidation de leur trésorerie. Dans ce contexte favorable, les intentions de recrutement des chefs d’entreprise interrogés ont été revues à la hausse ». Ainsi, l’emploi salarié a retrouvé la voie de la croissance, +2,4 % en novembre 2016 (+0,1 % fin 2015). Cela concerne tous les secteurs, et plus particulièrement le BTP (+7,5 %). Bien que les créations nettes d’emplois s’accélèrent, plus de 1 500 entre novembre 2015 et novembre 2016, les efforts du gouvernement en matière de création d’emplois et de garanties de l’employabilité durable doivent se poursuivre et s’intensifier.

Dans le cadre de sa politique, active, de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles, le gouvernement a effectué des réformes en matière d’aides à l’emploi et à l’insertion visant à : encourager l’entreprenariat grâce à l’Insertion par la création ou la reprise d’activité (ICRA). L’ICRA a pour objectif de favoriser l’insertion professionnelle d’un demandeur d’emploi en soutenant son projet de création ou de reprise d’entreprise. Ouvert à tout demandeur d’emploi (être inscrit au SEFI), âgé au minimum de 18 ans, le projet de création ou de reprise d’activité peut s’effectuer, soit sous la forme d’une entreprise individuelle, soit sous la forme d’une société, à condition d’en exercer effectivement le contrôle, dans tous les secteurs d’activité à l’exclusion des professions libérales réglementées.
Après examen et acceptation du projet par une commission de sélection, composée du SEFI, de la DGAE, de la CCISM, du MEDEF et de la CGPME, le futur chef d’entreprise, bénéficie, grâce à l’ICRA, d’une prime de démarrage d’un montant maximum de 450 000 Fcfp, destinée à l’acquisition de matériels neufs et d’une formation d’initiation à la gestion d’entreprise. Par ailleurs, durant deux ans, une aide financière mensuelle de 90 000 Fcfp est versée au bénéficiaire de l’ICRA et un accompagnement est effectué par un tuteur qui a pour mission d’informer, d’assister, de conseiller le bénéficiaire en matière de gestion commerciale, administrative et financière.
En 2017, près de 106 projets de créations d’entreprises et chefs d’entreprises bénéficient de l’ICRA. 30 % des projets concernant le secteur professionnel de l’« agriculture », qui ont trait aux activités de transformation de fruits, légumes ou fleurs ; et 25 % concernent le secteur « arts et façonnage d’objets d’arts », qui ont trait aux activités à la confection d’objets artisanaux.

Répartition des ICRA

Par secteur professionnel

Par tranche d'âge des bénéficiaires

Soutenir l’embauche de longue durée
Le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) garantit à tout individu une stabilité professionnelle durable. Aussi, le gouvernement a-t-il fait le choix de créer des aides financières en faveur des entreprises en contrepartie de la conclusion d’un CDI, garantissant une employabilité durable. Ainsi, le panel d’aides à l’emploi de type « contrat aidé » offre aux employeurs, trois outils pour lesquels les critères d’éligibilité se déclinent selon le tableau ci-contre.

En 2017, les aides aux contrats de travail soutiennent près de 850 embauches, dont 93,5 % ACT, 5,5 % ACT PRO et 1 % ACT PRIM, mises en oeuvre depuis août 2017 seulement.

Répartition des ACT

Par secteur professionnel

Par taille d'entreprise

56 % des embauches concernent les personnes de moins de 30 ans et 71 % ont lieu dans les entreprises de moins de 20 salariés. Les secteurs professionnels qui recrutent le plus restent « le commerce » et « l’hôtellerie, restauration ».

Renforcer l’attractivité de l’apprentissage pour un apprenti
La rémunération d’un apprenti, établie en fonction de son âge et de son avancement dans sa formation, se situe entre 45 874 Fcfp et 91 748 Fcfp.
À compter de l’année 2018, le salaire minimum d’un apprenti sera de 70 % du salaire minimum interprofessionnel garanti en vigueur, soit 107 039 Fcfp par mois, sans distinction de l’âge de l’apprenti et de son niveau d’avancement dans le cycle de formation. Par ailleurs, afin de garantir l’attractivité du dispositif de l’apprentissage vis-à-vis des employeurs, la Polynésie française garantit à l’employeur un accompagnement financier.
La rémunération de l’apprenti garantie par l’employeur continue d’être assurée sur la base des tranches les  plus basses fixées actuellement, à savoir 30 % du SMIG pour la première année du contrat, 40 % du SMIG pour la deuxième année du contrat et 50 % du SMIG
pour la dernière année du contrat. L’accompagnement financier de la Polynésie française intervient donc en compensation de la rémunération d’un apprenti pour un maintien à 70 % du SMIG. (détails sur le dispositif de l’apprentissage dans le Hono’Ite n°2)

Réformer les dispositifs de stages d’insertion
Au 31 décembre 2016, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits au service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles (SEFI) est de 10 937. Un examen succinct du profil des demandeurs d’emploi montre que 50 % sont âgés de 18 à moins de 30 ans et 45 % ont entre 30 ans et 50 ans. 20 % n’ont aucun diplôme et 15 % justifient d’un diplôme de niveau V bis. Le chômage impacte également les demandeurs qui justifient d’un diplôme de niveau IV (26,5 %) ou de niveau V (22 %). Enfin, 40 % des demandeurs d’emploi ont moins d’un an d’expérience et 25 % ont de 5 ans à plus de 10 ans d’expérience. Ces éléments dictent la poursuite des travaux normatifs initiés, moyennant une réforme des mesures de stages d’insertion, visant principalement à favoriser la formation en alternance et à soutenir l’insertion professionnelle des jeunes de moins de 30 ans, diplômés ou titrés d’un niveau III au minimum, en s’astreignant à une exigence de cohérence avec l’ensemble des mesures d’aides à l’emploi, à la formation et à l’insertion professionnelles.
On dénombre actuellement trois dispositifs de stages d’insertion professionnelle : le stage d’insertion en entreprise (SIE), le stage expérience professionnelle (STEP) et le contrat d’accès à l’emploi (CAE). À compter de l’année 2018, le SIE sera remplacé par un nouveau dispositif intitulé « convention d’accès à l’emploi professionnel – CAE PRO », le dispositif « corps de volontaires au développement » sera érigé en mesure d’aide à l’insertion professionnelle, en lieu et place du STEP et les ajustements nécessaires seront apportés au CAE pour une mise en cohérence de l’ensemble des dispositifs de stage d’insertion professionnelle. Ainsi, les aides à l’emploi de type « stage d’insertion professionnelle » se déclinent selon le tableau ci-contre.

Des exemples de parcours de formation et d’insertion professionnelles

ENGAGÉS DANS UNE DYNAMIQUE D’ACTION COORDONNÉE ET CONCERTÉE, LE SEFI, LE CFPA ET LE CMMPF TRAVAILLENT EN CONCERTATION AFIN DE DÉVELOPPER ET DE RENFORCER LES DISPOSITIFS DE FORMATION EN ALTERNANCE.

La mer, sa passion, son métier

Peux-tu te présenter ?
Je me nomme Mateata Ruta, je suis originaire de Moorea, j’ai 32 ans. Je suis issue d’une famille de prestataires  d’activités nautiques à Moorea. J’ai baigné,  dès mon plus jeune âge, dans le monde du business et de la mer.

Quel a été ton cursus scolaire ?

Après mon bac, j’ai poursuivi mes études en métropole dans une école internationale de business et fini mon cursus en Australie à l’université de BOND. Après mes études de commerce, je suis revenue au fenua et j’ai décidé d’assouvir ma passion. J’ai alors effectué plusieurs formations au Centre des métiers de la mer de Polynésie française, en commençant par la formation du Certificat d’initiation nautique, puis le Brevet de Capitaine 200, et en terminant par le Brevet de Capitaine 500. Une fois titulaire de brevets de capitaine, il m’a été difficile de résister à l’appel  de la mer !

Est-ce que ton passage au CMMPF t’a aidée pour ton parcours professionnel ?
Cela m’a beaucoup aidée, j’ai pu embarquer sur des yachts de luxe de 50 mètres, en tant que dayworker puis j’ai décroché un CDI en tant que matelot. J’ai navigué partout en Polynésie française, dans le Pacifique sud : Tonga, Fidji, Nouvelle-Zélande, même en mer Méditerranée : en Espagne, en Italie, en Croatie, en France, en Grèce, en Turquie. Au cours de ces voyages, j’ai occupé pour la première fois un poste à responsabilité, celui de bosco (maître d’équipage sur un navire à voile) et de 3e officier pont à bord d’un yacht de 55 mètres. Depuis peu, je suis revenue. J’ai voulu faire une petite pause, après avoir passé plus de cinq ans sur ces bateaux, loin de ma famille. Toujours dans l’industrie du yachting, je travaille actuellement dans une agence maritime pour yachts de luxe tout en continuantà faire des convoyages de yachts.

Quel message peux-tu donner aux jeunes Polynésiens ?

Avoir une passion et la vivre dans son métier est un privilège. À ceux qui se sentent attirés par le métier de marin, le Centre des métiers de la mer peut vous aider à atteindre vos objectifs. Il vous suffit de mettre de la volonté, de l’ambition et beaucoup d’humilité.  Je vous souhaite bon vent, comme on le dit dans la marine marchande.

Vous pouvez vous inscrire aux formations directement au CMMPF
Zone administrative de Motu uta
• Tél : 40.54.18.88
• Fax : 40.54.18.85
• Email : contact@cmmpf.pf

“J’ai un CDI !!!”

Quel est ton parcours ?
Heirani (à droite sur la photo) : J’ai décroché une licence d’anglais et une licence professionnelle en hôtellerie (2012-2015) avec mention. Ensuite, j’ai cherché du travail en me présentant au SEFI, via mon compte demandeur d’emploi, en lisant les petites annonces, bref en utilisant tous les moyens existants. Ensuite, j’ai découvert que Tahiti Crew recherchait une assistante de direction dans le cadre de la mesure CVD, j’ai donc proposé ma candidature qui a été retenue par l’entreprise. La commission d’examen des CVD a validé le projet et j’ai exercé un an en tant que stagiaire CVD.

As-tu un message à faire passer ?
Heirani : Il faut persévérer dans la démarche de recherche d’emploi et s’organiser. Par exemple, réserver une journée de démarches spontanées dans les entreprises, le lendemain se présenter au SEFI, le surlendemain relancer les entreprises qui ont été démarchées. Il est nécessaire d’être organisé et de préparer son planning de recherche d’emploi ! Il est primordial d’avoir son CV, une attitude correcte, d’être ponctuel aux rendez-vous et de connaître son projet. Tehani de Tahiti Crew, qu’est-ce qui t’a intéressée dans la candidature de Heirani avant de lui proposer un CDI ?
Tehani : En tant qu’employeur, j’ai apprécié l’intérêt que Heirani portait à mon entreprise, je voyais qu’elle avait fait des recherches sur mon activité… C’est cette attitude qui m’a interpellée. Sa connaissance de l’anglais et du secteur de l’hôtellerie a fortement contribué à confirmer mon choix, c’était le profil idéal. En effet, Heirani est amenée à gérer et animer les réseaux sociaux, à optimiser les supports marketing, à rédiger la newsletter et à m’assister dans la gestion de l’entreprise et enfin, à me remplacer lorsque je ne suis pas sur le territoire.

Qu’est-ce qui vous a décidé à embaucher Heirani en CDI ?

Tehani : De par son expertise et son professionnalisme, Heirani devenait indispensable à la bonne marche de l’entreprise ; aussi il me fallait la garder après son stage. J’ai su qu’une mesure avait été créée et qu’elle permettait à des entreprises l’embauche en CDI du premier salarié avec une aide du Pays via le SEFI. J’ai demandé des conseils à ma comptable qui m’a proposé de démarrer par un CDI à temps partiel. J’ai donc embauché Herenui en CDI à temps partiel grâce à la mesure ACT PRIM.

Un dernier message de Tahiti Crew ?

Tehani : En tant qu’employeur avec zéro salarié, je tiens à souligner l’importance de a mesure ACT PRIM qui m’a permis d’embaucher.

Vous pouvez vous inscrire aux formations directement au :
SEFI Papeete, rue Tepano Jaussen, en vous rendant à la section Formation
• Tél : 40.46.12.70 auprès des antennes du SEFI, présentes à Tahiti mais aussi à Moorea et à Raiatea.
Les formations ouvertes au recrutement sont disponibles soit sur le site du SEFI (www.sefi.pf) ou sur la page Facebook.

Pour l’apprentissage, veuillez contacter la cellule apprentissage du SEFI :

apprentissage@sefi.pf

Titré au CFPA en septembre  et embauché en novembre

Quel a été ton parcours jusqu’à l’obtention du titre professionnel de manager d’univers marchand en septembre 2017 ?
Après mon bac STG CGRH (sciences et technologie de la gestion – communication et gestion des ressources humaines) en 2009, j’ai voulu travailler. J’ai donc fait des petits boulots en commençant en tant que coursier puis je suis devenu trieur de perles pour une bijouterie locale. J’ai pu travailler pour une entreprise de téléphonie locale mais je n’étais qu’en CDD. À la fin de mon contrat, je me rendais souvent au SEFI et j’ai rapidement constaté que les entreprises demandaient souvent un bac +2 minimum. J’ai donc voulu reprendre les études pour obtenir un BTS mais je ne pouvais pas retourner au lycée à cause de mon âge, et je ne pouvais aller dans des organismes privés car je n’avais pas d’argent pour financer mes études.
Au début, je pensais que le CFPA ne proposait que des formations dans le BTP ou la mécanique. C’est un cousin qui m’a appris qu’il y avait d’autres formations intéressantes.  C’est là que je suis tombé sur la formation “manager d’univers marchand”. C’est une formation sanctionnée par un titre professionnel de niveau BTS, reconnu au niveau national. J’ai décidé de relever le défi !

Comment s’est déroulée ta formation ?

Grâce à cette formation, j’ai acquis des savoirs, mais également des savoir-être et des savoir-faire. Mon formateur était très impliqué dans notre réussite, c’est quelqu’un de très humain qui fait preuve d’empathie. Grâce à la formation professionnelle, la théorie rejoint la pratique. J’ai ainsi compris des choses que je n’avais pas bien saisies au début, parce que j’ai pu les mettre en pratique. Par ailleurs, grâce aux stages en entreprises, tu peux te faire remarquer auprès d’elles : montrer ta motivation, tes compétences et capacités. Le résultat pour ma part, c’est qu’à la fin de ma formation la direction de l’entreprise dans laquelle j’ai effectué mes stages m’a recontacté pour me proposer un poste en CDI. Je commence en novembre 2017, en tant qu’employé principal, j’aurai à encadrer une équipe de trois vendeurs conseils et je serai placé sous l’autorité du chef de rayon.
Je vais me donner à fond pour ce poste à responsabilité, je sais que j’ai les compétences nécessaires pour l’occuper et de plus, j’ai la possibilité de pouvoir progresser au sein de l’entreprise.

Vous pouvez vous inscrire aux formations directement dans les centres de :
Pirae
• Tél : 40.50.74.50
Punaru’u
• Tél : 40.50.75.50
Taravao
• Tél : 40.50.88.50
Faaroa – Raiatea
• Tél : 40.60.04.05
Vous pouvez consulter toutes les formations du CFPA sur son site : www.cfpa.pf et sur la page Facebook.

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