Tahiti code camp : devenir codeur en deux mois !

La première promotion de Tahiti Code Camp a reçu son diplôme à la fin du mois de juin. Cette formation du CNAM Polynésie permet d’apprendre le codage informatique en neuf semaines. Une formation intensive pour des jeunes personnes motivées !

TEXTE & PHOTOS LUCIE RABRÉAUD – CNAM POLYNÉSIE

Ils étaient nombreux à tenter leur chance pour intégrer cette première promotion de Tahiti Code Camp.
Sur 357 candidatures, 20 ont été retenues. Cette première promotion s’est terminée au mois de juin par un hackathon où les élèves ont pu montrer l’étendue de leurs compétences acquises en quelques semaines. Si la formation est courte (neuf semaines), elle est particulièrement intensive. Et donc réservée à des personnes motivées qui ont un intérêt fort pour le secteur du numérique.
En revanche, aucune condition de diplôme n’est imposée pour intégrer le Tahiti Code Camp. Du bac au bac +5, en passant par ceux qui n’ont aucun diplôme, tous conservent leur chance. « Nous voulions la diversité des publics », précise Christophe Gomez. « Ce n’est pas une formation difficile mais c’est un beau défi. Chacun apprend à son rythme et ce n’est pas forcément ceux qui ont le plus de diplômes qui ont la rapidité d’apprentissage la plus élevée. Il n’est pas non plus nécessaire d’être des geeks ! Mais il faut avoir un grand intérêt pour le numérique », ajoute Léon Dupuis, coordinateur de Tahiti Code Camp.

Une nouvelle école en développement

Ce programme est financé par le Pays, rendant la formation entièrement gratuite pour les stagiaires. Les prochaines sessions vont proposer de nouvelles approches vers un programme plus entrepreneurial avec des partenaires internationaux comme l’école Cyber Cap située au Canada. Elles seront également labellisées « Grande école du numérique ». Une association va même être créée pour rassembler, dans un premier temps, les stagiaires des promotions Tahiti Code Camp. Cette association pourrait également promouvoir des startups et accompagner les projets des anciens étudiants. Les entreprises polynésiennes ont aujourd’hui des besoins pour assurer leur présence sur le web ou des souhaits d’applications mobiles, le secteur du numérique est en plein développement et la formation Tahiti Code Camp une belle opportunité pour des jeunes de trouver un emploi ou bien de créer leur propre entreprise !

Pratique:

Pour poser sa candidature :
Aller sur la page Facebook CNAM PF et répondre au questionnaire de pré-inscription.
Les candidats sélectionnés seront ensuite invités à passer des tests de culture générale et sur le numérique.
Un entretien de motivation termine la sélection. Il faut être âgé de moins de 30 ans et avoir une appétence pour l’informatique.
Aucun diplôme n’est demandé.

Les prochaines sessions
(les dates ne sont pas encore précisées) :

• Deux autres sur Papeete
• Deux sur la presqu’île
• Une sur Moorea
• Une aux Marquises

Partenaires de la formation :
le Pays, le club FACE, l’OPT, le lycée hôtelier et le CNAM.


Contact :

• www.cnam-polynesie.com
• Tél. : 40.43.25.44
secretariat@cnam-polynesie.pf
Facebook : CNAM PF

Situation de la connexion locale : 

La mauvaise connexion locale est aujourd’hui un frein pour le développement du secteur numérique mais, pour Christophe Gomez, il faut continuer à créer du contenu.
« S’il y a des projets phares, des codeurs, des entreprises qui ont des besoins, des startups qui se créent, les infrastructures devront forcément s’adapter à cette demande. Il faudrait aussi des connexions à des tarifs accessibles », précise le directeur du CNAM Polynésie.
Léon Dupuis, coordinateur de Tahiti Code Camp, va même plus loin : « La connexion Internet est devenue tellement essentielle que certains pays pensent à la rendre gratuite. Dans plusieurs villes aux États-Unis, elle l’est déjà. »

« Un besoin de 70 à 100 codeurs pour les entreprises polynésiennes aujourd’hui »

Comment est né Tahiti Code Camp ?
« Cette formation est née à l’issue de trois constats. Le premier est qu’il y a 12 000 demandeurs d’emploi en Polynésie française de moins de 29 ans. Le deuxième est qu’il y a de plus en plus d’opportunités dans le codage informatique, la DGEN a mis en avant un besoin de 70 à 100 codeurs pour les entreprises polynésiennes aujourd’hui et aussi un manque de compétences. Le troisième constat est l’évolution des profils recherchés par les entreprises. Elles cherchent désormais des personnes avec des compétences transversales : créatives, sachant s’exprimer et travailler en équipe, en co-élaboration.
On a des demandeurs d’emploi dont certains sont très intéressés par l’informatique et doués pour ce secteur et il manque des codeurs, nous avons donc créé Tahiti Code Camp. »

Quels sont la durée de la formation, le programme et la pédagogie mise en place ?

« Cette formation dure neuf semaines et permet en accéléré, de façon intensive, d’aborder les principales thématiques du métier de codage. Il n’y a pas eu de cours pour asseoir les bases et les fondamentaux du langage informatique et de l’algorithme mais des applications ou des sites web à créer. Cette pédagogie par projets leur permet de retrouver l’estime d’eux-mêmes.
Quand ils réussissent ces défis, ils peuvent ensuite se projeter dans l’avenir en toute confiance. Il y a aussi eu des sorties : ils ont visité les édifices de la ville pour les modéliser en 3D, une chasse à l’emploi a été organisée pour qu’ils déposent leur CV, ils ont eu des projets à présenter. »

Que vont faire les stagiaires à la sortie de la formation ?

« Ils pourront créer des applications mobiles et proposer des solutions de développement web. Ils pourront aussi continuer leurs études s’ils le souhaitent. Cela fait partie des objectifs de la formation : insérer ces personnes dans des entreprises ou les inviter à créer leur propre emploi ou encore leur permettre de continuer leurs études.

La formation dispensée par le CNAM est validée, pour partie, par des unités d’enseignement concernant les applications mobiles, web et développement 3D. Ils auront donc une véritable qualification. D’autres programmes leur sont proposés ensuite, toujours au CNAM : technicien développeur qui dure 18 mois et qui donne un diplôme de niveau bac+2, il existe aussi des licences en informatique en formation à distance, et enfin une formation de programmeur informatique organisée avec le SEFI qui va commencer fin août. »

« J’ai suivi cette formation car j’ai une idée : j’aimerais aider les consommateurs dans le secteur agro-alimentaire à choisir leurs produits, à mieux s’orienter dans leurs achats au niveau des prix et de la qualité, grâce au numérique. Je n’ai pas encore de projet mais j’ai cette idée. Avant de faire cette formation, j’ai eu un bac sciences et technologies de la gestion (STG) il y a quelques années et depuis, j’étais à la recherche d’un emploi. J’étais un peu perdue… J’ai commencé à m’intéresser au numérique il y a un an et demi. Ça me plaît parce que c’est moderne, c’est actuel, c’est ici ! C’est le présent. Il faut être à jour dans les tendances et j’aime la nouveauté.
Pour suivre la formation Tahiti Code Camp, il faut être motivé et avoir l’esprit concentré car c’est très intensif. Il faut mettre de côté ses problèmes personnels ! Aujourd’hui, je sais où je vais et ça me plaît beaucoup. Je me sens forte ! J’ai appris beaucoup de choses et j’ai développé mes compétences. Je pense continuer mes études dans cette voie car j’ai encore besoin d’apprendre. Je vais suivre une formation de programmeur au CNAM. »

« Avant de suivre cette formation, je faisais des petits travaux dans l’informatique, je réparais des ordinateurs, je faisais des installations. J’ai suivi une formation de technicien d’assistance informatique au CFPA de Pirae puis j’ai travaillé dans une société informatique. J’ai le niveau bac mais je n’ai pas le bac.
J’ai voulu faire cette formation car j’ai envie de créer. J’ai plein d’idées et je voulais essayer de découvrir le mobile et créer des applications. J’ai déjà des projets ! Une de mes idées a d’ailleurs été retenue pendant la formation. Il y a des difficultés mais il faut être à l’écoute des besoins des gens. C’est ce qui est intéressant : répondre à un besoin grâce à une application mobile. J’ai trouvé la partie “développement mobile” difficile dans la formation : il fallait apprendre de nouveaux langages mais ça va, j’ai suivi le mouvement !
Le numérique m’a toujours intéressé. Je vois que les gens sont tout le temps à l’affût des nouveaux appareils, des évolutions technologiques. Ils ne peuvent pas se passer du numérique ! Après la formation, je vais peut-être travailler dans des sociétés de développement et d’application dans l’informatique ou pour des mobiles ou créer ma propre entreprise. »

« J’ai vu l’appel à candidatures pour cette formation et je m’y suis inscrit sans trop y croire mais j’ai été retenu ! J’ai un master en psychologie, avec une spécialité dans le monde de l’entreprise, mais cela faisait un moment que je ne trouvais pas de travail. Je réfléchissais donc à une reconversion. J’avais exploré des options dans le secteur du numérique car c’est un domaine qui m’intéresse. Je ne voulais pas reprendre des études trop longues, le format de la formation était donc intéressant pour moi. Être propulsé dans le monde du travail après deux mois de formation m’enthousiasmais. Même si ensuite, il faut continuer à apprendre ! Le rythme de la formation est assez soutenu à certains moments. Cela demande de l’organisation. Mieux vaut ne pas avoir d’activités annexes quand on la suit. On menait des projets à plusieurs. Il faut donc savoir collaborer. En psychologie, j’avais eu des cours sur la dynamique de groupe, comment animer des réunions donc tout ça peut encore me servir dans la nouvelle voie professionnelle que j’ai choisie.
Après cette formation, j’aimerais intégrer une entreprise et être en équipe pour continuer à développer mes compétences. Je suis content de cette reconversion ! »

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