Trois outils pour stimuler l’intelligence collective !

Le Club Idéo organise des ateliers tout au long de l’année afin d’accompagner les entreprises dans l’innovation et la transformation de leur management. Au mois d’avril, Nathalie Sabourin, experte en développement et facilitation collaborative, a présenté trois outils pour promouvoir l’intelligence collective.

TEXTE & PHOTO LUCIE RABRÉAUD

Les organisations qui parviennent à se démarquer dans l’économie d’aujourd’hui sont celles qui ont créé les conditions d’un engagement optimal de leurs employés. Celles-ci se transforment vite, performent et innovent davantage.

De nouvelles cultures organisationnelles mettent les collaborateurs au cœur du développement des entreprises.
Parmi ces nouvelles méthodes de management, trois outils peuvent être rapidement expérimentés : le proaction café, le co-développement professionnel et le coaching par les pairs. Les entrepreneurs peuvent utiliser une de ces méthodes ou deux ou les trois !

• Pro-action café

C’est une méthodologie d’intelligence
collective. Des petits groupes sont répartis sur plusieurs tables et d’autres participants passent de table en table présenter leur projet.

Quatre questions sont automatiquement posées :

• Quel est l’objectif ?
• Quelles sont les options, les solutions ?
• Comment mesurer le succès ?
• Qu’a-t-on appris ?
L’idée est de favoriser la créativité en faisant participer tout le monde à la création d’un projet. Celui-ci n’est plus dicté par la hiérarchie mais déterminé par l’ensemble des équipes. Le but est d’apprendre quelque chose : sur le projet, sur le groupe, sur soi. Ce sont des moteurs de progression et de mobilisation pour s’engager sur une vision commune. 

• Le co-développement professionnel

Cette méthodologie d’accompagnement en petits groupes d’apprentissage social vise à solidifier les pratiques professionnelles. Au lieu d’apprendre à partir de cas théoriques, on travaille sur un cas pratique. C’est un vrai projet, un vrai questionnement, un vrai défi, qui sert alors de sujet d’apprentissage pour le groupe.
Les ateliers durent deux à trois heures, répartis tout au long d’une année, organisés autour d’une thématique.
Quand des plans d’action sont proposés, ils sont mis en place puis suivis par le groupe. Les gens veulent savoir comment le projet a avancé, les difficultés rencontrées, etc. Chacun chemine et apprend.
Le co-développement se déroule dans la bienveillance, la confiance, l’engagement et le respect. Cette technique peut être mise en place au sein d’une organisation ou inter-organisations.

Lors des premiers rendez-vous, les groupes sont accompagnés par une personne qui connaît la méthodologie du co-développement puis les groupes deviennent autonomes.

• Coaching par les pairs

Cette technique présente des similitudes avec celle du co-développement professionnel. Elle fonctionne également par petits groupes.
Chacun se voit attribuer une thématique : le dialogue, le leadership et l’humilité, gérer dans le chaos, l’innovation, le service client, etc. Chaque thématique sera choisie en fonction de l’objectif final de ces ateliers.
Ce sont des catalyseurs de changement car on échange autour de ce dont on ne parle jamais. Ces modules durent 90 minutes et chaque partie est définie en termes de temps, c’est donc très facile à mettre en place. 

Interview

NATHALIE SABOURIN
« Les anciennes théories de gestion sont complètement dépassées »

Nathalie Sabourin, spécialisée en développement et facilitation collaborative, a fondé le groupe Sabourin Consult et enseigne à HEC Montréal, à l’UQAM, à l’université de Sherbrooke. Elle est membre active du conseil d’administration de l’association québécoise de co-développement professionnel. Sabourin Consult est spécialisé dans trois grands créneaux : la prise de décision collective, la mobilisation et l’apprentissage dans l’action.

Pourquoi le management doit-il évoluer ?
Les pays du monde entier vivent une pleine transformation. Tout a changé, on travaille en réseau, l’information est partout. Le rôle du gestionnaire est aussi en pleine transformation. Au Québec, un acronyme existe pour nommer ce contexte : VICA. Nous sommes dans un environnement Volatile, Incertain, Complexe et Ambigu.
Les anciens modes de gestion, très hiérarchiques, « top down » (organisation où le message émane de la hiérarchie pour redescendre le long le l’organigramme de l’entreprise), ont fait leur temps. Dans ce type d’organisations, les taux de mobilisation et d’engagement sont très faibles. Ces modèles sont en train de s’essouffler. Ce n’est pas que les salariés ne veulent plus travailler, ils ne veulent plus mal travailler.

Que doivent faire les entreprises ?

Nous devons créer des environnements où les personnes soient à leur plein potentiel, que les collaborateurs puissent vivre toutes leurs sphères de vie : élever leurs enfants, s’impliquer dans leur communauté, avoir un impact… Les organisations ne doivent pas seulement avoir des missions ou des raisons d’être économiques, il faut aussi qu’elles aient des raisons d’être sociales.

Que faut-il changer ?

Dans les anciennes théories de gestion, on parlait du PODC : planifier, organiser, diriger, contrôler. C’est complètement dépassé ! Quand on demande aux gens s’ils ont la chance d’utiliser leur plein potentiel au travail, 32 % seulement répondent oui. C’est un gaspillage. Les organisations sont déshumanisées. Aujourd’hui, on cherche des coachs, des leaders, on veut aller chercher le plein potentiel des gens, on veut offrir plus d’autonomie, créer des environnements où les gens peuvent utiliser leur talent. En vivant et en expérimentant des approches participatives et d’apprentissage social dans l’action, on propulse la créativité et la collaboration. On doit briser les barrières et passer de la coopération à la collaboration.

Infos
Club Idéo
• Tél. : 87.79.14.40 ou 87.78.51.05
contact@club-ideo.com

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