Un climat scolaire serein comme levier de la réussite

Encourager à la réussite scolaire, c’est veiller au bien-être des élèves. Si un enfant va bien, il étudiera bien. La pacification du climat scolaire est une priorité du gouvernement

La ministre de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports en a fait une priorité : « Les résultats des élèves sont tributaires d’un climat scolaire serein et d’un cadre de vie en établissement propice aux apprentissages. La construction d’un bien-vivre et d’un bien-être, pour les élèves et le personnel de l’École, est un levier de la réussite scolaire », écrivait Christelle Lehartel dans la lettre de rentrée 2019- 2020. La pacification du climat scolaire fait partie des trois axes devant « irriguer les pratiques » du personnel des établissements scolaires et de l’éducation (les deux autres étant : l’élévation du niveau général, le développement de la persévérance et de l’ambition des élèves). Si le climat scolaire est une priorité, c’est qu’il est une des conditions de réussite des élèves.

« À une époque, les élèves arrivaient à l’école la peur au ventre, inquiets des réactions de leurs camarades, de leurs professeurs… On ne peut pas imaginer qu’un élève vienne à l’école, angoissé. Il est important qu’il y vienne avec joie et sérénité, l’esprit ouvert et disposé à travailler. D’autant que l’école est le centre de leur vie pendant quelques années », précise Jean-michel garcia, chef du département de la vie des écoles et des établissements de la dgee.

Le harcèlement scolaire est devenu un sujet primordial. Plusieurs actions ont été mises en place pour accompagner les directions et le personnel des établissements à s’en saisir. « Chaque cas mérite une attention particulière et on ne laisse jamais une situation sans réponse. » Une boîte mail a été créée (stopharcelement@education.pf) pour recevoir les courriers de tous ceux qui veulent dénoncer une situation, demander conseils, alerter. Parents, enfants, personnel… tous peuvent envoyer un message. des fiches de repérage avec une grille précise à remplir permettent de clarifier une situation particulière. L’isolement d’un élève – moqué, insulté, dont les affaires sont abimées, cachées, volées –, un changement de comportement voire l’adoption de conduites à risque ou addictives sont quelques-uns des signes auxquels il faut prêter attention. Une procédure a été explicitement établie pour accompagner les personnels à prendre en charge ces situations.

« Le harcèlement reste difficile à définir, il peut prendre plusieurs formes, être diffus. Il faut s’adapter à la personnalité de l’élève et au contexte familial. La prise en charge concerne le mal-être de l’enfant mais aussi l’impact social sur la famille. Il faut agir rapidement », explique Jean-michel Garcia.

Et les réseaux sociaux ont amplifié le phénomène. Les enfants en adoptent de nouveaux plus rapidement que leurs parents, vite dépassés. Et le harcèlement a pris une nouvelle dimension. Pour mieux s’adapter à chaque cas particulier, la dgee souhaite mettre en place des formations sur la prise en charge du harcèlement pour les personnels de l’éducation dès l’année prochaine. Par ailleurs, depuis la rentrée 2019, une enquête sur le climat scolaire, clef en mains, a été proposée aux établissements de la Polynésie française. Huit sont actuellement en cours. Pensée par l’Éducation nationale et ajustée à la Polynésie, cette enquête offre un état des lieux du climat scolaire dans chaque établissement.

Travailler sur le bien-être général des élèves
Le climat scolaire, c’est aussi le sport, l’alimentation, le sommeil, des pratiques pédagogiques nouvelles… L’Union du sport scolaire polynésien organise des épreuves sportives, encourage et organise des rencontres internationales, assure la promotion des activités sportives dans les établissements du second degré, publics ou privés, et assure des relations avec les autres associations du sport scolaire. Une multitude de disciplines sont proposées.

Des événements comme « marche pour ta santé » ou la participation à des concours culinaires lors de salons sont également au programme pédagogique de certains établissements, accompagnés et encouragés par la dgee grâce à un partenariat avec le ministère de la Santé qui finance certaines actions. « On voit aussi une nouvelle tendance chez les jeunes : l’envie d’avoir une vie plus saine. Les réseaux sociaux ont permis, de manière positive cette fois, de montrer des influenceurs qui les entrainent sur une voie plus respectueuse », souligne Jean-michel garcia. Le chef du département de la vie des écoles et des établissements de la dgee est également intéressé par des techniques qui ont fait leurs preuves en métropole comme le « quart d’heure lecture ». « Il y a une sonnerie particulière qui retentit et tout le monde se met à lire, élèves comme enseignants et direction, pendant 15 minutes. Ça permet un recentrage sur soi, cela ramène le calme. » des pratiques pédagogiques nouvelles, comme la méditation, sont également testées en métropole. Peut-être le seront-elles bientôt en Polynésie ? « Il s’agit de réfléchir à d’autres réponses que les classiques gratification et punition, pour apporter du bien-être. »

Pour dénoncer toute situation ou demander conseils : stopharcelement@education.pf

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