Une formation spéciale “Pensions de famille”

UN PROGRAMME DE FORMATIONS POUR LES PROPRIÉTAIRES ET GÉRANTS DES PENSIONS DE FAMILLE A ÉTÉ LANCÉ PAR L’ASSOCIATION DES HÔTELS DE FAMILLE DE TAHITI ET SES ÎLES EN 2017 AVEC HSF ESPACE FORMATION. IL SE POURSUIT CETTE ANNÉE AVEC L’OBJECTIF DE PROFESSIONNALISER CE SECTEUR

Aujourd’hui, la Polynésie française compte 290 pensions de famille réparties sur 30 îles. Ces logements, complémentaires aux hôtels, proposent de découvrir la Polynésie de manière différente. Les touristes viennent y passer un séjour dans des maisons locales découvrant la culture et le “way of life” polynésiens… Les gérants des pensions de famille sont parfois issus du milieu du tourisme mais aussi d’horizons divers. Ils ont aussi des objectifs distincts : pour certains c’est un métier, pour d’autres une activité complémentaire. Peu importe ces disparités, Mélinda Bodin, la présidente de l’Association des hôtels de famille de Tahiti et ses îles (AHFTI), est bien décidée à les rassembler, les structurer et les professionnaliser. Ces établissements sont vitaux sur des îles ou des atolls où il n’existe rien pour accueillir les touristes, ils dynamisent et apportent de l’emploi dans leur commune. Il était donc important de pouvoir proposer des formations adaptées à ces gérants et propriétaires de pensions de famille qui sont un des piliers du tourisme en Polynésie. Ce programme de formations, le premier du genre, est soutenu par le ministère du Tourisme et des Transports Internationaux.

Des contenus de formation adaptés aux besoins
Pour l’Association des hôtels de famille, « le tourisme est le fer de lance de l’économie polynésienne ; les établissements de ce secteur d’activité sont la clé de la diversité îlienne et représentent un potentiel d’attractivité sur l’ensemble du territoire polynésien ; ils jouent un rôle important pour développer le repeat business; ils offrent des opportunités de retombées économiques dans les cinq archipels ; mais ils ont rarement accès aux possibilités de formation visant à optimiser les compétences et consolider leur activité et ils sont peu ou pas informés des conditions d’accès à ces formation ».

HSF Espace Formation a donc proposé un programme complet sur mesure correspondant aux besoins et aux problématiques des hôtels de famille et répondant aux impératifs de la charte de qualité et labellisation. Bertrand Jaudon, un des formateurs, explique harmoniser le contenu des formations à chaque île et archipel.Félicie Ruta, qui a ouvert Te Fare Mihi à Moorea il y a plus de dix ans, suit une formation pour la première fois. « Mon mari et moi avons tout appris sur le tas. Cette formation donne des idées, surtout sur la partie Internet avec les réseaux sociaux. Je vais sans doute améliorer des petites choses maintenant, sur l’accueil, sur la gestion des réseaux sociaux, etc. Ces formations permettent d’évoluer. On ne peut que s’améliorer grâce à elles ! »
Commercialisation, relation client & qualité, outils de vente, sécurité… Plus de 20 sessions de 16 à 32 heures ont déjà eu lieu en 2017. Les gérants et les propriétaires des pensions de famille de Raiatea, Huahine, Manihi, Rikitea, Moorea, Tahiti, des Marquises, ont ainsi été formés. Le programme se poursuit cette année. Une plateforme pédagogique a également été créée (www.iaora-formation. com) sur laquelle les participants peuvent se loguer et accéder à différentes ressources, des quizz, une bibliographie, des actualités, les textes réglementaires…

« Une formation pour relever le niveau »

Quelle est l’ambition de cette formation ?
« Le but est de professionnaliser le travail de ces pensions de famille. Leurs responsables ne sont pas forcément des personnes formées dans le tourisme et peuvent avoir, suivant leur parcours, des lacunes dans différents domaines. Aucune formation n’existait pour ces personnes sur les spécificités des pensions de famille. En plus, ce sont des formats d’entreprise un peu particuliers car ce sont rarement des sociétés et ces entreprises individuelles n’ont pas droit à des aides financières. Leur problème aussi est de se détacher du quotidien, ça leur demande une grosse organisation pour se libérer du temps et pouvoir se former. Mais ce sont des formations intéressantes et j’espère que ça donnera envie à plus de personnes de participer aux sessions suivantes. »

Ont-ils beaucoup de lacunes ?
« Ces propriétaires de pensions de famille ont des parcours très différents. C’est même différent d’un archipel à un autre. Plus les îles sont éloignées, plus l’accès à la formation est compliqué. Il y a d’autres problématiques aussi suivant les îles. Je m’adapte donc selon l’île où je me trouve : certains thèmes y ont moins d’importance et d’autres, au contraire, sur lesquels je vais insister. Le but de l’association, en proposant ces formations, est de relever le niveau. Aujourd’hui, les niveaux sont très disparates et présentent de gros écarts : de prix et de prestations.
Pourtant, tous sont regroupés sous le terme “pensions de famille”. Cela demande à être clarifié et professionnalisé. Certains ont envie de communiquer sur leur culture, l’amour de leur île mais ils n’ont pas les clefs pour recevoir des gens, bien s’occuper d’eux pendant le séjour, ils ne sont pas à l’aise en informatique alors que c’est devenu capital, ils n’ont pas de relation avec les agences de voyage en ligne… »

L’objectif est donc de leur donner toutes ces bases ?
« Tout à fait ! Cette formation prévoit une partie marketing, une partie gestion et une partie Internet, réparties sur quatre jours. Le but est de la rendre la plus pratique et la plus vivante possible. C’est mieux si on part avec quelques acquis ; si on part de zéro cela demandera plus de temps. Je leur donne aussi des idées pratiques qu’ils peuvent mettre en place. La théorie c’est bien, mais il faut leur donner des méthodes à appliquer tout de suite. »
D’autres formations seront-elles nécessaires ?
« Cela peut être infini mais il faudra affiner selon les besoins. »

Pour certains, leur pension de famille est leur métier, pour d’autres, c’est une activité complémentaire, mais est-ce difficile de gérer un tel établissement ?
« Oui, c’est difficile. C’est du 365 jours/an, 24h/24 ! Les personnes qui ne sont pas du métier et décident de se lancer ne s’en rendent pas forcément compte. Celles qui décident de gérer une pension de famille comme activité complémentaire s’aperçoivent rapidement que, pour le faire sérieusement, c’est un investissement important. »

Est-ce un métier d’avenir pour la Polynésie ?
« Je pense que oui car ce sont des modes d’hébergement complémentaires des hôtels 4 étoiles. Ce sont des logements alternatifs qui s’adressent à une autre clientèle. Cela permet de disposer d’hébergements dans des îles ou des atolls où il n’y a aucune possibilité d’installer un hôtel. Et cela permet de pouvoir visiter la Polynésie beaucoup plus en profondeur. »

« J’aime apprendre »

« On a ouvert la pension en 2009. On s’est lancés sans formation. Depuis que l’Association des Hôtels de Famille de Tahiti et ses Îles (AHFTI) nous propose de suivre des formations, c’est la deuxième que je fais. J’ai suivi un premier module sur Internet qui était très intéressant et ce deuxième sur les fondamentaux de la gestion d’entreprise. C’est important de se former car Internet évolue très vite, les demandes des clients changent aussi, il y a toujours quelque chose à apprendre. Rien n’est statique, il faut continuer à évoluer. Ça permet de réajuster la vision que l’on a des outils comme TripAdvisor… comment considérer et gérer les commentaires négatifs par exemple.

J’ai noté pas mal de choses que je vais mettre en pratique, des outils que je vais utiliser, je vais affiner mon site Internet. Ça donne beaucoup d’idées, des astuces, et permet de voir plus clairement le business. Quand on ouvre sa pension sans rien savoir, on apprend sur le tas, on tâtonne, on fait des tests ! L’année où nous avons ouvert, il n’y avait pas de formations spécifiques pour nous. Ça me donne envie de continuer à suivre des formations. J’aime apprendre ! »

« Je suis blindé maintenant ! »

« On a ouvert le 11 novembre 2011, le 11/11/11 ! Tous les 11 novembre, c’est férié et c’est la fête à la pension. J’ai décidé de suivre cette formation car j’ai tout appris sur le tas. Je n’avais jamais suivi de formation adaptée avant d’ouvrir mon établissement. J’avais envie de faire ce métier et j’ai appris sur le terrain. Cette formation me permet de me professionnaliser. Son contenu est parfait : c’est assez général et c’est concis.

Cela dure quatre jours, ce qui est pratique pour nous. Bien sûr, je me tiens informé sur Internet mais ça fait du bien d’avoir un cours bien structuré avec des mises en pratique directement applicables. Je sais déjà ce que je vais mettre en place dès mon retour au travail !

On échange aussi des idées avec les autres stagiaires, c’est très enrichissant. Notre formateur nous donne des tuyaux, des astuces. Je vais m’améliorer. Je suis blindé maintenant ! Mon objectif est que ma pension soit viable. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *